Le Maroc produit 230 000 tonnes de raisin sur 49 000 ha

Les 35% de la superficie consacrée au raisin de table sont localisés dans la région de Doukkala. La filière fournit 20 000 emplois agricoles et plus de
10 000 dans les activités annexes.

Il est considéré comme le plus riche en nutriments et le plus calorique des fruits d’été. Consommé, en frais ou séché, le raisin -c’est de ce fruit qu’il s’agit- est cultivé depuis l’antiquité sur les rives de l’oued Loukkos. Il couvre aujourd’hui 49000 ha pour une production de l’ordre de 230 000 t par an, dont 172000 (75%) de raisin de table et 58 000 (25%) de raisin de cuve. Cette production a chuté de 23 à 34% par rapport aux années précédentes, sachant qu’elle dépassait 300000 à 350 000 t entre 2002 et 2006. Cette baisse, qui concerne principalement le raisin de table, s’explique en général par le vieillissement des plantations. Dans le même temps, la production de raisin de cuve s’est légèrement redressée grâce aux efforts déployés par les grands opérateurs dans ce secteur.
Le raisin est cultivé dans pratiquement toutes les régions du pays, mais chacune a sa spécialité. Ainsi, 71% des superficies dédiées au raisin de table sont concentrés dans les régions de Doukkala (35%), Haouz (10%), Ben Slimane, Rabat-Salé, Khémisset, Essaouira, etc. Le vignoble de cuve, pour sa part, se situe principalement dans les régions d’El Hajeb (51%), Khémisset (14%), Meknès (10%), Gharb et Moulouya, Ben Slimane…

Un produit de niche pour l’export

La culture de raisin de table est conduite essentiellement dans les régions bour, ce qui explique les variations de rendement et quelquefois des arrachages de vignobles. Une petite partie des superficies seulement est dotée d’équipements de haute technologie (serres, goutte-à-goutte, filets anti-grêle, palissage, conduite, etc.) et sa production, tout aussi réduite, est destinée à l’export dans un segment très particulier ou au marché local dans le créneau précoce à haute valeur ajoutée. En effet, des sociétés étrangères spécialisées se sont installées vers la fin du siècle dernier dans la région de Marrakech avec pour objectif de produire des raisins de table haut de gamme pour l’exportation vers l’UE. Elles ont consenti des investissements lourds (structures métalliques pour abris plastiques, stations d’emballage, chambres froides, etc.), introduit de nouvelles variétés importées (précoces, apyrènes, blanches ou noires) et construit un itinéraire technique de haute technicité. Le grand défi pour ces investisseurs est d’avoir des raisins précoces à partir du 15 mai, date de lancement des exportations et de franchise pour les droits de douane européens et de combler un vide dans leur calendrier d’approvisionnement qui couvre presque toute l’année. La présence de ces producteurs a apporté de profondes mutations et contribué à tirer la technicité de la filière vers le haut.
La filière fournit 20 000 emplois agricoles et plus de 10 000 dans les activités annexes. Le Maroc reste cependant un petit producteur si on rapporte sa production à un volume annuel mondial de 60 Mt, dont au moins 12 millions sont destinés à la consommation en frais. Pour développer la culture, plusieurs projets sont prévus dans le cadre du Plan Maroc Vert. Il en est ainsi du soutien de la production des raisins de table en grande hydraulique sur 5 000 ha dans la région de Doukkala-Abda et de l’augmentation des superficies de 1 000 ha dans celle de Meknès-Tafilalet pour porter la production de cette région de 25 000 à 40 500 tonnes en 2020.