Le Maroc œuvre au renforcement de son industrie du médicament

Les prix de 2 000 produits sont réduits de 20 à 80%. Une Agence nationale du médicament et des produits de santé qui aura un rôle de régulation et de normalisation du secteur sera créée.

Le ministère de la santé a organisé, les 11 et 12 décembre à Skhirat, les 1ère Assises nationales du médicament et des produits de santé sous le thème : «La politique pharmaceutique nationale : cadre commun pour garantir l’accès équitable aux médicaments et produits de santé». Cette rencontre a vu la participation de nombreuses personnalités, parmi lesquelles des ministres de la santé de pays africains, ainsi que des professionnels et des experts du secteur.

Selon El Hossein Louardi, ministre de la santé, «le Maroc a pu assurer une couverture médicale de base à 62% de sa population et espère, avec la mise en œuvre de l’Assurance maladie des indépendants, dépasser 90% de la population couverte à l’horizon 2020, afin d’atteindre la couverture sanitaire universelle comme l’ont recommandé l’Organisation mondiale de la santé, en 2005, et les Nations Unies, en 2012». Pour y arriver, il faut, outre les structures de santé, un personnel qualifié et une assurance performante, une industrie du médicament performante. Au Maroc, ce secteur, qui a plus de cinquante ans, compte 45 unités, emploie 40 000 personnes, couvre environ 70% des besoins du pays et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 13 milliards de DH dont un milliard à l’export. De l’avis de Yves Souteyrand, représentant de l’OMS au Maroc, «la tenue de ces assises constitue une initiative importante pour engager une concertation nationale avec l’ensemble des parties prenantes du secteur pharmaceutique afin d’assurer des produits médicaux de qualité, sûrs, efficaces et abordables financièrement par tous les citoyens marocains».

Huit accords bilatéraux signés avec des pays africains

Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, s’est, quant à lui, félicité de la politique de libéralisation du secteur, ainsi que de la réduction par le gouvernement des prix de vente de 2 000 médicaments. Il a néanmoins déploré le fait que «les médicaments au Maroc restent accessibles uniquement aux couches moyennes et supérieures de la population» et espère que ces produits soient un jour «à la portée de tous les citoyens». Il faut savoir que, dans le cadre de la réforme du secteur de la santé, le Royaume a mis en place une politique pharmaceutique nationale (PPN) dont l’élaboration a été faite en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La PPN se fixe 10 objectifs ayant trait, entre autres, au prix des médicaments et des produits de santé et à leur usage rationnel. Ces objectifs ont été déclinés en 35 engagements politiques dont certains ont été déjà concrétisés. C’est ainsi que le Maroc a récemment réduit de 20% à 80% les prix d’environ 2 000 médicaments. Par ailleurs, le ministère de la santé envisage la création d’une Agence nationale du médicament et des produits de santé qui aura un rôle de régulation et de normalisation du secteur.