Le Maroc grelotte, mais les cultures sont indemnes

Le territoire est bien arrosé, mais les précipitations sont inégalement réparties dans l’espace.
Le mois de janvier plus pluvieux que d’habitude. Toutefois, sur l’ensemble
de la campagne le cumul des précipitations est moyen.

Ilpleut et les températures ont beaucoup baissé ces derniers jours sur toute l’étendue du territoire. Des villages ont même été isolés et des routes coupées à  cause des chutes de neige. De manière générale, trois constats résument la situation à  cette mi-janvier.
Il y a d’abord le fait que le premier mois de l’année, généralement sec, a enregistré plus de pluie que d’habitude. Il a, en effet, plu davantage sur le Saà¯ss, le Gharb, le Chaouia, le Doukkala, le Souss, notamment Taroudant, Tiznit et Sidi Ifni, et même à  Tan Tan, Laâyoune et Dakhla. Dans leur globalité, les provinces sahariennes ont été largement mieux arrosées. D’ailleurs, Laâyoune a même dû faire face à  des inondations.
Cependant, toutes les régions ne sont pas logées à  la même enseigne. Par exemple, à  l’exception d’Al Hoceima (+35 mm par rapport à  la première quinzaine de janvier 2005), le Nord connaà®t un léger déficit si l’on considère les précipitations depuis le début de campagne.

Ralentissement des travaux dans les zones céréalières à  cause des pluies
L’Oriental est aussi dans le même cas : à  Oujda, le cumul des précipitations a reculé de 45 % par rapport à  la moyenne sur 30 ans (1971-2000). On y enregistre 62,3 mm aujourd’hui contre 113,6. Idem à  Nador qui cède 32 mm soit une baisse de 26 %. Il y a aussi des disparités à  l’intérieur même des régions les mieux arrosées. Ainsi dans le Doukkala, il est observé à  El Jadida un déficit de l’ordre de 24 %. Agadir est aussi à  -13 % de la moyenne sur la période considérée.
La deuxième donnée majeure est qu’avec la neige qui a concerné les hauteurs notamment, les réserves d’eau se sont améliorées, et l’impact sur les nappes phréatiques sera positif. De plus, la neige ne produisant pas de ruissellement, les risques d’inondation se trouvent amoindris.

Enfin, l’évolution du temps pour la semaine à  venir, si elle se confirme à  partir du milieu de lundi et mardi 23 et 24 janvier, va aller dans le sens de l’amélioration. A la direction de la météorologie nationale, on estime que les températures enregistrées jusque-là  ne présentent aucun danger pour l’agriculture. Et avec l’amélioration attendue le cycle végétatif des cultures ne sera pas perturbé. L’état normal des plantes à  Agadir (dont la production représente près de 70 % des fruits et légumes exportés) est attesté par Mohamed Zahidi, secrétaire général de l’Apefel, qui, contacté par La Vie éco, explique qu’avec des températures de 18 à  20 ° le jour et 5 à  6 ° le soir, son association n’a aucun incident à  signaler. Certains experts soulignent par ailleurs que le froid est même bénéfique pour la vigne et la fraise et l’on annonce d’ores et déjà  une excellente campagne pour les rosacées (pommes, poires, abricots) et les légumineuses. Pour les céréales, aucun problème majeur n’est aussi relevé. Sauf que le froid et la poursuite des pluies rendent difficile l’accès aux champs de sorte que les travaux de désherbage et d’épandage d’engrais de surface sont ralentis dans certaines zones.

Par ailleurs, la même situation se ressent à  la lecture du taux de remplissage des barrages. Ainsi au 16 janvier courant, les ouvrages ne sont globalement qu’à  42 % de leur capacité de remplissage alors qu’à  la période de l’année dernière, ils avaient atteint 55 %. Corollairement, la quantité totale reste en deçà  de ce qui était emmagasiné en 2005 et de l’ordre de 8,2 milliards de m3 contre moins de 7 milliards de m3 actuellement. Cependant, il ne faut perdre de vue, comme signalé plus haut, que la quantité de neige tombée en hauteur doit être intégrée dans les réserves qui profiteront aux nappes phréatiques, notamment.

Le thermomètre est descendu jusqu’à  -8° C dans la ville d’Ifrane.