Le Maroc, ex-leader mondial, n’exporte plus d’à¢nes depuis 2007

Le Maroc compte 962 000 têtes, dont 75% dans les zones bour. Un à¢ne est vendu entre 1 500 DH et 4 000 DH en fonction des saisons. L’élevage n’est pas structuré, seuls les paysans les élèvent pour le transport et les travaux agricoles.

Premier exportateur mondial d’ânes jusqu’au début des années 2000, le Maroc est maintenant presque absent du marché. Il n’en vend plus à l’étranger depuis 2007 en raison de l’épizootie de la peste équine apparue durant cette année qui a poussé l’Union européenne à interdire l’importation des équidés en provenance du Royaume. Le Maroc perdit alors ses deux principaux clients : la France et l’Espagne.

D’après les statistiques de l’Office des changes, les exportations ont porté, entre 2005 et 2007, sur 665 ânes reproducteurs de race pure. Les deux types de races que l’on trouve au Maroc sont celles provenant de l’importation (catalane et Poitevine), utilisées dans le croisement pour la production mulassière, et les races communes locales de phénotypes différents.

On en comptait plus d’un million au début des années 2000

Aujourd’hui, le cheptel compte 962 000 têtes contre un million durant la période allant de 2000 à 2005. Cette réduction est due, selon le ministère de l’agriculture, à l’absence d’un élevage structuré. On parle beaucoup plus d’un élevage par nécessité. C’est-à-dire que les paysans sont le plus souvent obligés de disposer d’ânes dans leurs exploitations pour des usages divers.
Les principales utilisations, explique-t-on au ministère de l’agriculture, sont les travaux agricoles, le transport de personnes et le transport de proximité de divers produits domestiques tel que l’eau ou encore les marchandises. Dans la région du Nord, les ânes étaient fortement utilisés, au cours des années 90, par les passeurs de produits importés en contrebande. Là encore, la diminution relative de cette activité a eu un impact.
La répartition géographique révèle que 75% de l’effectif se trouve dans les zones dites bour et 25% dans les zones irriguées. On note aussi qu’il y a une concentration dans les régions montagneuses où les ânes sont utilisés pour permettre l’accès, en raison de l’absence d’infrastructures routières, aux zones les plus éloignées et retirées. Ils sont également présents dans les zones à faible mécanisation car ils permettent d’effectuer des travaux agricoles. Par ailleurs, on précise, sans toutefois donner une estimation précise, que dans la ville de Fès, l’effectif d’ânes est important car ils sont utilisés pour le transport des marchandises dans les ruelles étroites de la médina.
Le prix d’une bête est compris dans une fourchette allant de 1 500 à 4 000 DH. Il varie  selon les régions et les saisons. Ainsi, en cas de sécheresse, faute de pouvoir les nourrir et en l’absence de travaux agricoles à effectuer, les paysans préfèrent s’en débarrasser. Ce qui explique l’importante chute des prix enregistrée durant cette période.