Le Maroc contribue au «miracle économique» ivoirien

Six accords signés à  Abdijan lors de la visite royale. La Côte d’Ivoire est l’un des marchés les plus prometteurs d’Afrique de l’Ouest.

La tournée de SM le Roi Mohammed VI en Afrique se poursuit. Après le Sénégal et la Guinée-Bissau, c’est à Abidjan en Côte d’Ivoire que le cortège royal a fait étape avec, à la clé, des activités intenses. Au total, six conventions et accords bilatéraux ont été signés et paraphés en présence du président ivoirien Alassane Ouattara et de S.M. Mohammed VI. Ils portent notamment sur une cession des parts de l’Etat ivoirien dans la Société ivoirienne de banque (SIB) à Attijariwafa bank, la réalisation d’un point de débarquement aménagé de pêche artisanale dans la ville de Grand-Lahou (à 140 km au sud d’Abidjan) et l’autorisation d’émission à Abidjan de Radio Méditerranée Internationale. La Côte d’Ivoire et le Maroc ont également signé un protocole d’accord entre Casablanca Finance City Authority (CFCA) et le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire. D’autres conventions ont été signées dans les domaines du développement rural, de l’agriculture et de la diplomatie.

L’enjeu d’une telle démarche n’est plus à démontrer. La Côte d’Ivoire est l’un des marchés les plus prometteurs d’Afrique de l’Ouest, où la présence marocaine se fait encore timide comparée à l’agressivité des opérateurs libanais ou chinois : plus de 100000 Libanais résident en Côte d’Ivoire contre moins de 3 000 Marocains, alors que les deux communautés étaient démographiquement équivalentes lors des années 1980. Entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, les échanges commerciaux ont été évalués en 2013 à près de 169 millions de DH à l’import et à 573 millions de DH à l’export. Mais ces chiffres ne révèlent pas à eux seuls la réalité. En effet, après Dakar, Abidjan est la 2e destination des vols de Royal Air Maroc avec 7 vols hebdomadaires en basse saison et 9 durant les périodes de pic. Dans le secteur immobilier, Alliances est le partenaire de l’Etat ivoirien dans la construction de 14000 logements sociaux, dans la banlieue d’Abidjan, avec un chiffre d’affaires global prévisionnel de 2,3 milliards de DH pour l’ensemble des travaux. Pour ce qui est de la première tranche pré-commercialisée (ndlr : 1 600 logements), le chiffre d’affaires s’élève à 438 millions de DH.

Depuis 2010, les analystes qualifient la croissance ivoirienne de «miracle économique». Croissance impressionnante, construction à tout-va, climat des affaires assaini… Le pays se réveille depuis la crise engendrée par les clivages pro et anti-Gbagbo.

L’atterrissage trois fois par semaine de l’avion géant Airbus A380 d’Air France prouve un regain d’intérêt mondial pour Abidjan, malgré les peurs nées de la fièvre Ebola. Et l’arrivée, comme prévu, de 1 500 salariés de la Banque africaine de développement (BAD) après une dizaine d’années d’exil en Tunisie, ne dément pas la confiance qu’inspire de nouveau le pays.