Le Maroc confirme sa volonté d’exploiter les schistes bitumineux

Cinq entreprises internationales ont été autorisées à  réaliser des forages expérimentaux. Les ressources les plus importantes et les plus étudiées sont localisées à  Timahdit et Tarfaya. A terme, le Maroc devrait se doter d’une centrale pilote de production électrique à  partir des schistes bitumineux.

Le Maroc sera peut-être un jour un géant de l’énergie naturelle. Le pays est en tout cas bel et bien décidé à conquérir son indépendance énergétique en exploitant à fond la carte des schistes bitumineux. La décision d’accorder à cinq nouvelles entreprises internationales l’autorisation d’organiser des forages d’exploration en est la preuve. Elle est même le signe que l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) passe à la vitesse supérieure car des études géologiques et minières ont déjà été réalisées. Des études de laboratoire ainsi que des tests de pyrolyse et de combustion directe avaient suivi.

Aujourd’hui, le Maroc se lance dans l’exploration réelle pour confirmer le potentiel par ailleurs déjà révélé. «Les schistes bitumineux sont présents dans une dizaine de localités à travers le Maroc, situées dans les régions du Rif, du Moyen-Atlas, de Souss, de Tadla, d’Essaouira et d’Errachidia. Les ressources les plus importantes et les plus étudiées sont situées à Timahdit et Tarfaya», rappelle-t-on au sein de l’ONHYM. Résultat : le Royaume est placé au sixième rang mondial en matière de réserves de schistes bitumineux, après les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Brésil et l’Italie, avec un potentiel évalué jusqu’à présent à plus de 50 milliards de barils, dont 37 milliards de barils dans les deux principaux gisements.

L’exploitation est une activité très capitalistique

Même si l’office est encore discret sur le nom des 5 entreprises internationales avec lesquelles il va travailler pour les forages, nous savons déjà qu’il coopère avec le russe IES Irkoutskenergostoroy-Maroc SARL et les britanniques San Leon Energy PLC et Global Oil Shale. De plus, «l’ONHYM a établi des relations de coordination avec les principaux organismes marocains concernés par la valorisation des schistes bitumineux, en l’occurrence l’OCP et l’ONEE», est-il ajouté.

Toutefois, il est utile de rappeler que l’exploitation finale des schistes bitumineux nécessite des investissements lourds (plusieurs milliards de dollars) selon la capacité de production envisagée. La directrice de l’office, Amina Benkhadra, a pourtant annoncé en mars dernier que «le Maroc allait développer la production électrique à partir des schistes bitumineux avec une première centrale-pilote qui nous permettra d’évaluer les paramètres techniques et économiques de l’utilisation de ces schistes». Rappelons également qu’en parallèle, l’ONHYM a lancé en 2010 un projet pilote afin d’évaluer le potentiel des bassins sédimentaires en gaz de schistes. Une première base de données a pu être établie.