Le Maroc a accueilli environ 10 millions de touristes en 2013

D’après les premières estimations, les arrivées ont progressé de 6%. Marrakech et Agadir ont absorbé plus des 2/3 des nuitées additionnelles. Le tourisme interne représenterait 27% de l’activité.

L’année 2013 aura eu son lot de lancements, d’annonces et de nominations dans le secteur du tourisme. Entre la nomination d’Abderrafie Zouiten à la tête de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), le redémarrage de la refonte du système de classement des établissements d’hébergement, la signature des contrats programme régionaux ou encore la transformation de la Fédération nationale du tourisme (FNT) en Confédération nationale du tourisme (CNT), les acteurs se sont mis en ordre de bataille pour atteindre des objectifs ambitieux. En attendant les chiffres officiels, ils s’estiment d’ores et déjà satisfaits des résultats obtenus à fin 2013. «Globalement, les indicateurs de l’activité touristique ont été encourageants. La croissance des arrivées à fin décembre est estimée à 6% avec plus de 9,9 millions de touristes. Les recettes ont dû atteindre quelque 59 milliards de DH, soit 2% de plus par rapport à l’année précédente», confie Ali Ghannam, président de la CNT.

A Marrakech et Agadir, les premières estimations font état d’une belle année. Dans la ville ocre, les arrivées auraient progressé de 15%, à 1,79 million, et dans la capitale du Souss, de 9,48%, à 887 407. Même constat du côté des nuitées : elles ont augmenté de 13% à 5,74 millions dans la première ville, et de 10,29%, à près de 4,55 millions dans la seconde. Ces deux pôles touristiques «ont généré à eux seuls plus de 2/3 des nuitées additionnelles totales», ajoute M. Ghannam.

Quant aux autres destinations, elles semblent également avoir clôturé l’année sur une note positive. A Tanger, les professionnels sur place estiment que la tendance s’est maintenue avec une évolution légèrement positive. Le tourisme d’affaires sauverait, une nouvelle fois, la mise. A Fès, la croissance reste timide. La destination souffre toujours de quelques handicaps, tels que le manque de promotion et une desserte aérienne insuffisante.

Les marchés traditionnels ont progressé en dépit de quelques hésitations

Le départ annoncé du low-cost britannique EasyJet à partir d’avril ne va certainement pas aider la destination, même si Royal Air Maroc a décidé de renforcer ses propres routes à partir de cette ville. «Il y a eu une légère augmentation par rapport à 2012 avec l’arrivée de nouveaux touristes, dont les Brésiliens et les Japonais, et de nouveaux vols au départ de quelques villes européennes. Cette croissance reste néanmoins loin des chiffres de 2010», confie Awa Diakhate, directrice commerciale et marketing au Riad Fès. Pour sa part, Ouarzazate se relève progressivement. A fin octobre ses arrivées et ses nuitées ont progressé respectivement de 15% et 4%. Zoubir Bouhoute, directeur du Conseil provincial du tourisme (CPT), confirme cette tendance et estime que le premier indicateur progressera à 2 chiffres et le second de près de 5%.

A Rabat, les chiffres à fin octobre 2013 montrent une progression de 14% des nuitées réalisées dans les établissements classés et de 1% pour les arrivées. Par contre, le taux d’occupation est tombé de 47% à fin octobre 2012 à 26% à fin octobre 2013, compte tenu des nouvelles ouvertures. A Essaouira enfin, les nuitées sont en hausse de 18% et les arrivées de 11%, à fin octobre 2013.

Pour le président de la CNT, l’ensemble des marchés émetteurs traditionnels, hormis le marché espagnol, affiche une bonne santé. «Le marché français a marqué une croissance de 5%. L’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont enregistré des progressions estimées respectivement à 16%, 11% et 2%», précise-t-il. «Nous sentons des hésitations quant aux marchés traditionnels européens. Les Espagnols, Allemands et Italiens sont en diminution constante. Les Français réservent à la dernière minute. Les Américains, Japonais et autres asiatiques sont en progression mais constituent un marché extrêmement sensible aux aléas sociaux, économiques et politiques», ajoute pour sa part Mme Diakhate. A Agadir, 2013 a connu la progression, par ordre décroissant, des marchés russe, polonais, italien, britannique, hollandais, belge, saoudien et national. La croissance du tourisme interne se confirme. D’après les estimations de la CNT, il représenterait désormais 27% de l’activité contre près de 21% il y a quelques années.

Les professionnels restent insatisfaits

Même si l’année 2013 affiche des indicateurs positifs, les professionnels s’accordent à dire qu’elle aurait pu être bien meilleure. «Nous restons loin des objectifs que nous nous sommes fixés, dans le cadre de la Vision 2010 et dans le cadre de la Vision 2020 […] Les taux d’occupation à 44% ne sont pas suffisants, d’autant qu’ils sont réalisés dans un contexte où les hôteliers ont dû consentir d’énormes efforts, et il faut certainement revoir la programmation aérienne […] Nous sommes également frustrés de constater la baisse des budgets de notre secteur dans le cadre du projet de Loi des finances 2014. Nous pensons que ces budgets sont incohérents […]», résume le président de la CNT.

Si 2013 a été l’année des défis, 2014 sera probablement l’année de toutes les promesses. De nombreux chantiers sont en effet entamés et la question est de savoir si les résultats seront atteints dès cette année. Après avoir lancé son appel d’offres il y a quelques semaines, l’ONMT devrait par exemple annoncer sa stratégie de promotion de la destination Maroc. Ouarzazate devrait connaître une nouvelle renaissance, avec le lancement de l’opération de renforcement de la desserte aérienne vers Casablanca. Après une première édition mitigée, le Mondial des clubs reviendra en décembre 2014. Les opportunités ne manqueront pas : il reste à les saisir.