Le marché du poids lourd commence à se redresser

Les ventes ont progressé de 7,4% par rapport aux huit premiers mois de l’année dernière. Les deux segments 3,5 à 7,9 tonnes et 8 à 18,9 tonnes continuent de porter le marché. Situation mitigée pour les autocars et bus.

Le marché du poids lourd montre des signes de redressement. A fin août, les ventes globales des véhicules utilitaires et industriels-camions sont en hausse de 7,4%, à 2385 unités, selon les chiffres du Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC). A la même période de 2015, le secteur était en décroissance de 16% avec 2200 unités. Il faut souligner tout de même qu’il existe quelques opérateurs qui ne soumettent pas leurs chiffres au GPLC, ce qui fait dire que les chiffres annoncés ne fournissent pas une image exacte de l’activité du secteur.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que les deux segments 3,5 à 7,9 tonnes et 8 à 18,9 tonnes continuent de porter le marché grâce à 1400 unités, soit près de 60% du total. Leurs ventes ont crû respectivement de 13,5% et 4,4%. Elles restent contrôlées par Mitsubishi, Hyundai et Isuzu. Pour les professionnels, la demande sur ces segments est dynamisée grâce aux commandes des PME et TPE, ainsi que les particuliers qui font surtout du transport avec de petites flottes. Les grandes structures, elles, se détournent de plus en plus du petit tonnage.    

En effet, les chiffres dénotent clairement de la percée que réussit le segment supérieur 26 à 32 tonnes bien que ses réalisations n’orientent pas encore le marché (10% du total). Ses ventes sont en hausse de 41,3% grâce à 230 immatriculations, en gros à l’actif de Volvo (84) et Scania (82). De gros investissements pour l’acquisition de ce type de véhicules, dits camions de chantier, ont été réalisés durant les années 2000 afin d’accompagner les grands projets lancés dans les différentes régions du pays. «La demande exprimée aujourd’hui concerne en grande partie le renouvellement du parc», note-t-on auprès des concessionnaires.

L’investissement dans le gros tonnage encouragé par la recherche de gains en compétitivité

Seul segment dans le rouge, les tracteurs routiers comptent à leur actif 758 unités (32% de l’activité), en baisse de 3,3%. Ce chiffre divise le secteur. La raison est que les ventes d’un grand opérateur très présent sur ce segment ne figurent pas sur le reporting du GPLC. «En y intégrant le volume réalisé par cet opérateur, le tracteur routier est sans doute en croissance à deux chiffres», affirme le directeur commercial d’une concession de la place. Une source du GPLC partage cette lecture. Pour les deux, l’attrait du gros tonnage s’explique par deux raisons principales. D’un côté, les entreprises cherchent à renforcer leur parc avec des camions d’une plus grande capacité de chargement pour ne pas être en situation irrégulière lors des contrôles de la charge (qui se multiplient sur les routes). De l’autre, le choix des tracteurs routiers est mu par des considérations logistiques et économiques. Au lieu de multiplier les véhicules et le nombre des allers-retours usine, le gros tonnage permet le groupage des livraisons, d’où des économies énormes sur les coûts. Il offre des conditions de charge utile favorables à la réduction du coût de la tonne kilométrique, facteur clé pour la compétitivité des transporteurs. Une source chez Scama explique que ce glissement est une tendance mondiale.

Sur le marché des bus et autocars, la situation est plutôt mitigée. Les ventes des autocars de plus de 40 places sont en baisse de 26%, avec 62 unités contre 84 à fin août 2015. A l’opposé, les autobus ont doublé leurs volumes avec une centaine de véhicules vendus en plus (205 contre 100 un an auparavant). Enfin, les véhicules réservés au transport du personnel ont vu leurs ventes se redresser en signant une croissance de 23%, à 280 unités vendues (contre 228 à fin août 2015). Volvo, Scania et Hyundai représentent le gros de l’activité sur ces segments. 

Pour les perspectives, la majorité des opérateurs affirment qu’ils manquent sérieusement de visibilité. «Le poids lourd est très corrélé à l’activité économique et est très impacté par les grands chantiers. Généralement, les entreprises attendent d’avoir une idée sur leur résultats annuels avant de prendre ou retarder leurs décisions d’investissement. Les commandes commencent à tomber vers mars jusqu’à juin, période qui concentre le gros du chiffre d’affaire du secteur», explique un opérateur.