Le marché des ordinateurs décolle : 200 000 unités vendues en 2007

Les marques HP et Dell restent en tête des préférences.
Avec la baisse tendancielle des prix, la part de la deuxième main dans le marché
a considérablement diminué.
Les contraintes de mobilité des utilisateurs donnent un coup de fouet aux ventes
de PC portables.

Les distributeurs d’ordinateurs se frottent les mains. Pour 2007, ils ont vendu plus de 200 000 unités, fixes et portables. Par rapport à  2006, le rythme de progression n’est pas loin de la moyenne de 25% enregistrée durant ces cinq dernières années, fait-on remarquer. Le marché du neuf est aussi bien animé par les particuliers qui s’équipent de plus en plus, encouragés en cela par la baisse graduelle du coût d’accès à  l’internet, que par les entreprises et les administrations (on peut citer, entre autres, l’informatisation des écoles, à  travers le programme Génie).

35 % du marché pour HP et 10 % pour Dell
Un autre élément à  noter : les ventes de PC de deuxième main ont reculé de 50% depuis deux ans et ne représentent plus que 20% des ventes totales. En d’autres termes, les utilisateurs optent de plus en plus pour le neuf, tout simplement parce que les prix sont plus abordables.
Dans son rapport pour le premier semestre 2007, le cabinet d’études de marché IDC soulignait d’ailleurs à  juste titre que «le marché marocain reste un marché de prix», ce qui explique le succès de l’ordinateur low cost sous nos cieux. En effet, 40% du marché du neuf est constitué de clones, soit sans marque, soit avec des marques locales, et des produits qu’on peut qualifier de bon marché. D’ailleurs, des «petites» marques naguère classées dans ce segment commencent à  percer. Bénéficiant d’une meilleure image de marque, Accent et Acer s’adjugent chacune 5% de parts de marché, pas loin devant Lenovo. Cette dernière marque est, rappelons-le, la branche d’ordinateurs personnels de l’américain IBM, rachetée depuis par les Chinois. «Elle est encore peu prisée par les consommateurs qui associent encore la Chine aux produits de mauvaise qualité», explique un professionnel du secteur.

Les petites marques se partagent 40% du marché
En dépit de cette composante prix, le marché marocain reste dominé par les grandes enseignes mondiales, avec en tête HP qui en contrôle 35% sans y avoir lancé toute sa gamme de produits. Par rapport à  2006, ce leader mondial a réalisé une croissance de 37% sur les ordinateurs particuliers. Cette croissance est tirée essentiellement par les PC portables, en hausse de près de 70% d’une année à  l’autre. A tel point que les responsables de cette marque estiment que ce sont les ordinateurs portables qui représenteront à  terme le gros du marché. Pour eux, ce n’est qu’une question de temps, sachant que l’usage de l’informatique n’est plus cantonné dans des lieux géographiques spécifiques. Bref, les utilisateurs sont devenus plus nomades. La vulgarisation du Wifi (système de connexion sans fil) soutient d’ailleurs cette évolution.

HP ne néglige cependant pas «le desk top qui a encore de l’avenir». C’est la raison pour laquelle il continue d’investir dans les ordinateurs de bureau, jouant ainsi la carte d’un outil multimédia doublé d’une interface conviviale.

En bon deuxième, figure Dell avec près de 10% de parts de marché. Selon un professionnel, cette marque est «victime de ce qui avait fait sa réussite aux Etats-Unis : la vente directe par Internet». Au Maroc comme un peu partout dans le monde, il lui sera difficile de rattraper son retard en utilisant efficacement les circuits de distribution, contrairement à  des entreprises qui ont, certes, des produits plus chers, mais qui disposent d’un large canal de distribution. Le reste du marché, environ 35%, est partagé entre une multitude de marques, connues, à  l’instar de Toshiba, ou moins connues.

Pour l’avenir, les professionnels se montrent optimistes tant le potentiel de croissance est intéressant. Sur le segment des particuliers, on ne compte encore que 2 ordinateurs pour 100 ménages en milieu rural et 24 pour 100 en milieu urbain.
Si l’on table sur le développement du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et sur le renouvellement du parc qui doit être amorti au bout de trois ans, la demande sera de plus en plus importante.