Le marché des motos explose : 120 000 unités vendues en 2011

L’importation des motocycles a progressé de 32.5% en 2011 et la tendance se renforce : +193% au premier semestre 2012. Les marques chinoises arrivent en tête, suivies des japonaises, turques et espagnoles. Les prix démarrent à  7 000 DH pour les motocycles et vont jusqu’à  80 000 DH pour les grosses motos.

Ils donnent souvent des sueurs froides aux automobilistes et autres usagers de la route en raison de l’imprévisibilité de leurs conducteurs toujours pressés. Les motocycles (motos, cyclomoteurs, scooters…), c’est d’eux qu’il s’agit, ont de fait envahi l’espace urbain. Peu chers et très économes en carburant, ils constituent un moyen idoine pour gagner du temps, eu égard aux embouteillages énormes qui caractérisent les grandes villes comme Casablanca et Rabat. Mais les véritables gagnants de cet engouement sont les distributeurs spécialisés.

Selon Youssef Karam, président de l’Association marocaine des industries du motocycle et cyclomoteur, 120 000 unités ont été écoulées en 2011. Cette passion pour le motocycle est confirmée par les statistiques de la douane. Officiellement, 67 000 unités avaient été importées, en hausse de 32,5% par rapport à l’année précédente. Au premier semestre 2012, les importations ont progressé de 193% par rapport à la même période de l’année dernière, passant de 16 303 unités à 47 757.

A ce rythme, on est parti pour dépasser assez largement les chiffres de 2011. Cela se ressent sur le marché. «Actuellement, on peut vendre 40 unités par mois, alors qu’en d’autres temps on en était à moins de dix», souligne Omar Samouh, conseiller commercial chez un revendeur multimarques de Casablanca, qui propose également les pièces de rechange, les accessoires et assure la maintenance des modèles exposés.

L’offre est très diversifiée. C’est ainsi qu’aux côtés des marques de motos très connues comme Suzuki, Yamaha et Honda, des cyclomoteurs à pédale de la marque Peugeot et de l’incontournable Motobécane (MBK), se sont ajoutées d’autres, plus ou moins récemment, à l’instar des taïwanaises Kymco et Sym, importées exclusivement par Maroc Auto Moto depuis 2009. Selon des distributeurs, les traditionnels cyclomoteurs sont toujours demandés, mais les scooters ont aussi séduit les clients.

Le prix reste un des principaux critères de choix

Dans ce marché très atomisé, le prix reste un des premiers critères de choix, même si les clients ne négligent pas la qualité. C’est une des raisons pour lesquelles les marques d’origine chinoise, souvent moins chères, ont fait une percée phénoménale. Sur les six premiers mois, la Chine est le premier pays d’importation des motocycles, suivie du Japon, de la Turquie, de l’Espagne, de l’Italie, de la France et de Taiwan.
A partir de 7 000 DH, il est possible de se payer un motocycle, d’origine chinoise principalement. Les acheteurs qui veulent un produit de qualité et à bon prix acquièrent Kymko, dont le scooter le plus vendu est au prix de 15 000 DH, indique Omar Samouh. En fonction des origines et des modèles, les prix sont cependant compris entre 13 000 et 79 000 DH.

Par exemple, une grosse moto est commercialisée à partir de 37 000 DH. Mais à un certain niveau de prix, ce sont des passionnés qui achètent, «tout en faisant un arbitrage en fonction de la qualité», précise Badr Benkirane, responsable marketing d’Auto Moto Maroc, qui observe que le pic des ventes se situe durant la période estivale.
Tout comme pour l’offre, la clientèle est donc très large. «On a différents types de clients, de différentes catégories d’âge. Des cadres et des fonctionnaires qui ont opté pour les deux roues à cause des embouteillages. Des jeunes les ont aussi choisies pour des raisons professionnelles ou pour le loisir», affirme M. Samouh. Les entreprises (pour les coursiers) et les commerces qui livrent à domicile, les restaurants principalement, sont des clients assidus.

Les opportunités de gains ont attiré des revendeurs plus ou moins spécialisés et la plupart se sont spécialisés dans les produits chinois de plus en plus pointés du doigt. Un professionnel affirme que leur prix bas leur permet certes d’augmenter leurs parts de marché, mais «leur moteur ne tient pas plus d’un an». L’autre reproche à l’encontre des motocycles chinois est qu’ils dépassent souvent les 50 CC (centimètre cube), au-delà desquels tout conducteur doit avoir un permis contrairement  aux modèles dûment homologués dont la vitesse ne dépasse pas 60 km/h. Pour les professionnels de l’industrie du motocycle, le marché des deux-roues est durement affecté par cette concurrence déloyale. Il s’y ajoute qu’un circuit parallèle de motocycles importés des pays limitrophes, ou introduits frauduleusement dans le pays, s’est installé et commence à prendre de l’ampleur.