Le marché de l’aviation arabe devrait croître de 5% par an jusqu’en 2036

Plus de 200 participants de l’industrie de 15 pays arabes ont répondu présent. En 2016, la région a capté 5% du marché mondial de l’aviation avec 206 millions de passagers. La taille de la flotte des opérateurs du Moyen-Orient devrait plus que doubler au cours des deux prochaines décennies.

Dubaï a accueilli la 7e édition du Sommet de l’aviation arabe. Inauguré par Cheikh Ahmed Ben Saïd Al Maktoum, président de la Dubai Civil Aviation Authority, et PDG d’Emirates Airline and Group, le sommet a réuni plus de 200 participants de l’industrie de 15 pays arabes. Cette année, les débats se sont articulés autour de «L’heure de la transformation: aborder les défis et les opportunités de développement durable pour le secteur de l’aviation arabe».

Le top management d’opérateurs leaders tels que Air Arabia, Emirates airline, Flydubai, Royal Jordanian, Joramco, Dubai Aerospace Enterprises et MSI Aircraft Maintenance a souligné le fort potentiel de croissance des secteurs de l’aviation et du tourisme arabes, malgré plusieurs défis. Ils ont également insisté sur la nécessité de fédérer les efforts du public et du privé pour l’essor du secteur. «Nous nous réunissons chaque année pour débattre de l’évolution constante de l’industrie aéronautique et de ses complexités. L’aviation arabe est fortement affectée par l’évolution de la situation géopolitique, l’économie mondiale, les développements technologiques et autres. Notre région connaît un développement constant et le thème de l’édition de cette année reflète ce fait. Aujourd’hui, nous abordons la durabilité de notre industrie et les défis et opportunités auxquels elle fait face à court et à long terme», affirme Adel Al Ali, président du Sommet de l’aviation arabe et directeur du groupe Air Arabia.

Le secteur de la maintenance progresse à un rythme soutenu

Pour Samir Al Darabi, directeur du Centre d’information des Nations Unies pour les pays du Golfe, cette année, le sommet veut souligner les contributions de l’aviation et du tourisme et leur impact économique sur le monde arabe. «Nous aborderons également les principaux défis auxquels fait face l’industrie régionale, y compris les changements géopolitiques, la gestion de l’air et les politiques de ciel ouvert et les fluctuations des prix du pétrole», ajoute-t-il.

En 2016, la région a gagné 5% du marché mondial de l’aviation avec 206 millions de passagers, soit une augmentation de 9,1% par rapport à 2015. Cette année est la septième consécutive de croissance des industries de l’aviation et du tourisme.

Selon IATA, le marché de l’aviation du Moyen-Orient devrait croître de 5% par an jusqu’en 2036. Les prévisions montrent que le secteur connaîtra 322 millions de passagers supplémentaires sur les routes à destination, en provenance et à l’intérieur de la région pour culminer à 517 millions de passagers sur cette période.

Selon les prévisions d’Airbus pour le marché mondial, publiées cette année, la taille de la flotte des opérateurs du Moyen-Orient devrait plus que doubler, passant de 1 250 à 3 320 appareils au cours des deux prochaines décennies. D’ici 2036, il y aura 95 mégalopoles, desservant 98% des services long-courriers dans le monde. Les cinq méga-villes qui existent aujourd’hui au Moyen-Orient vont plus que doubler pour atteindre 11 au cours des 20 prochaines années.

Un livre blanc sera édité

Le secteur de la maintenance, de la réparation et de la maintenance des avions (MRO) au Moyen-Orient est un autre point positif, progressant à un rythme plus rapide que la moyenne mondiale et générant des milliers d’emplois. Il devrait doubler d’ici 2025 et augmenter de 7,4% par an pour atteindre 10,2 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Le sommet a abordé les principaux changements dans les modèles d’affaires dictés par les frontières économiques, l’évolution de la demande des consommateurs, les pressions sur les coûts, et la manière dont les forces du marché déterminent la redistribution des cartes dans l’aviation arabe. Abdul Wahab Teffaha, secrétaire général de l’Organisation arabe des transporteurs aériens (AACO), a déclaré : «Le développement de l’industrie aéronautique, qui contribue directement à la croissance économique, crée des emplois et des opportunités commerciales dans presque tous les secteurs. Mais cela ne se produira pas par protectionnisme ou en bloquant les acteurs clés des marchés mondiaux et régionaux. Face aux nombreux défis actuels, notamment la gestion du trafic aérien, la libéralisation du ciel, l’augmentation des taxes et redevances, et les aéroports secondaires entre autres, nous devons travailler ensemble pour apporter plus d’avantages sociaux et économiques aux pays arabes». Et de préciser, «nous devons apprendre de Dubaï car il a créé sa propre culture. Son gouvernement a souscrit non seulement à un ciel ouvert, mais à l’ouverture complète. Nous avons essayé le protectionnisme et avons échoué parce que cela crée des inefficacités. Dubaï a réussi grâce à l’ouverture et à la suppression de l’idée de protectionnisme».

Grâce à des dialogues de haut niveau, des tables rondes et des ateliers interactifs, le sommet a fourni des idées clés pour faire face aux dynamiques du marché qui façonnent l’aviation et le tourisme arabes. Les principales conclusions et recommandations seront ensuite rassemblées dans un livre blanc et présentés aux régulateurs et aux décideurs pour servir de point de référence et de ligne de conduite.