Le marché de gros de volaille de Casablanca rouvre ses portes en décembre

Le coût du projet de rénovation s’élève à  7,63 MDH. Grossistes et détaillants occuperont des halles distinctes, les déplumeurs relégués à  l’extérieur de la salle de vente.

Les travaux de réaménagement du marché de gros de volaille à Hay Mohammadi avancent bien. A l’heure actuelle, «le taux d’avancement du chantier est de 95%. Le marché devrait donc ouvrir de nouveau ses portes d’ici la fin du mois de décembre», confirme Youssef Errkhis, président de la Commission chargée des établissements sociaux, culturels et sportifs de Casablanca. Ce projet, lancé au début de l’année 2013, a pour objectif de mettre fin aux odeurs nauséabondes qui se dégagent des ordures (poulets morts, résidus, restes, flaques de sang et d’eau sale). Il vise également à rompre avec les méthodes archaïques d’abattage et à éradiquer la vente de volaille impropre à la consommation. C’est à cet égard que le Conseil de la ville de Casablanca avait lancé un appel d’offres remporté par la société El Baz. Le coût du marché était de 7,17 MDH.

D’après le cahier des charges initial, la société adjudicataire devait réaliser en huit mois les travaux de renouvellement du sol et de consolidation des hangars qui menaçaient de s’effondrer. Le chantier portait également sur la rénovation des réseaux d’assainissement liquide et d’électricité, le revêtement de l’étanchéité et la réhabilitation de la charpente, en plus des travaux de plomberie et de peinture. Pour une meilleure organisation du marché, deux grandes halles séparées devaient être aménagées, une pour la vente en gros et une autre pour les détaillants.

Il s’y ajoute un entrepôt de stockage, des parkings, une salle de prière, un café et un poste de contrôle à l’entrée.
En décembre 2013, soit neuf mois après le début des travaux, le Conseil de la ville avait fait arrêter le chantier. «Ce n’est pas parce que l’opérateur n’avait pas respecté les délais, mais tout simplement parce que la ville s’était rendu compte qu’il fallait rajouter d’autres travaux», explique Youssef Errkhis. Moyennant une enveloppe supplémentaire de 460 000 DH, la ville avait donc demandé à l’entrepreneur de creuser un puits puisque ce bâtiment ne disposait pas d’eau courante et d’installer un pont de bascule. Le coût est ainsi monté à 7,63 MDH. Un peu moins que le budget prévisionnel de 8 MDH financé à hauteur de 5 et 3 MDH respectivement par la Commune d’Ain-Sebaâ et la direction des collectivités locales relevant du ministère de l’intérieur.

La commune urbaine de Casablanca offre 70 machines de déplumage

Pratiquement tous ces travaux sont maintenant réalisés. Au retour, les occupants trouveront un aménagement différent, mais aussi une nouvelle organisation. Avec le pont bascule, «le paiement des taxes ne se fera plus sur le nombre de poulets mais sur le poids», annonce le président de la commission. Seuls les grossistes et les 80 détaillants resteront à l’intérieur du marché. Les 70 déplumeurs, autre profession de la chaîne d’abattage, travailleront à l’extérieur de la salle de vente parce qu’ils jetaient les résidus de poulet n’importe où.

«Vu qu’il s’agit de cas sociaux, nous ne pouvons pas les expulser sans leur trouver une alternative. De plus, les restaurateurs qui s’approvisionnent au marché ont besoin de leurs services», explique M. Errkhis qui précise qu’un local aménagé à l’entrée du marché leur est réservé.

Ainsi, pour que l’abattage et le nettoyage des poulets se fassent dans de bonnes conditions, la Commune urbaine de Casablanca a consacré, dans le cadre de l’Initiative nationale de développement humain (INDH), une enveloppe de 360 000 DH à l’acquisition de 70 machines de déplumage. L’association La Villette est chargée de veiller au bon déroulement de l’opération d’achat et à la remise de ces outils de travail aux concernés.
Reste un problème en suspens, les 80 détaillants refusent toujours de s’installer dans la halle qui leur est dédiée. «Ils sont en négociation avec les autorités afin de trouver un arrangement d’ici la fin du mois», assure M. Errkhis. Une fois le marché ouvert, le plus gros du travail sera de faire respecter les nouvelles règles. Si le contrôle n’est pas rigoureux, les vieilles habitudes reprendront très rapidement leur cours.