Le marché automobile morose : les petites voitures en profitent

Un report des achats vers des segments inférieurs est observé par les responsables commerciaux.

Les marques de haut standing dont la notoriété est encore insuffisante sur le marché souffrent.

Certains concessionnaires craignent une guerre des prix.

Après un mois de janvier marqué par une faible progression de 2%, bien loin des taux de croissance à deux chiffres réalisés au cours des dernières années, et surtout une baisse de 2,5% sur le segment des voitures importées montées, le marché automobile vient d’achever le mois de février dans un climat de morosité. Selon plusieurs concessionnaires contactés par La Vie éco, le deuxième mois de l’année se soldera, au mieux, par une évolution nulle. Fait nouveau, certains expliquent que les ventes se sont reportées sur des voitures plus abordables. «Ce sont les voitures dont le prix est compris entre
80 000 et 120 000 DH qui profitent de la crise actuelle», explique un chef de produit auprès d’une marque allemande.
En tout cas, chez Renault, le constructeur de la Logan, on affiche sa satisfaction. «Pour Renault et Dacia, l’année commence très bien», explique Frédéric Posez, directeur marketing de Renault. Ce n’est cependant pas le cas de tous les segments couverts par le constructeur. En effet, même avec l’attrait de la nouveauté, on ne voit pas, par exemple, beaucoup de nouvelles Laguna circuler dans les rues, pas plus que de nouvelles Citroën C5, ou de Peugeot 407. En attendant de confirmer cette impression par des chiffres détaillés, on rappellera que dans le segment des berlines familiales, ces trois marques constituent habituellement un gros volume de vente.

Encore des promos à venir ?
Autre caractéristique du marché, depuis trois mois, les promotions et baisses de prix s’affichent au grand jour. «Jusqu’à fin décembre, on pouvait justifier cela par la nécessité de réaliser de bons scores au titre de l’année 2008, mais, elles durent encore»,  s’offusque un concessionnaire. Certains vendeurs se plaignent  même d’une guerre des prix qui fait actuellement rage. Au point où il  n’est pas rare de voir certaines marques proposer des réductions allant jusqu’à
50 000 DH pour des modèles précis. A l’exemple de Volkswagen pointée du doigt pour avoir «dégainé» la première,  avec une baisse de 60 000 DH sur son 4×4 Touareg, pour le plus grand bien des consommateurs. «Il s’agit d’une finition spéciale : baroudeur», explique l’importateur CAC qui nie toute velléité de bradage. Pourtant, les importateurs lui reprochent de communiquer sur la crise, ce qui revient à admettre qu’il y en a une.
Enfin, il faut dire que dans le segment haut de gamme, ce sont les marques allemandes qui ont une forte notoriété sur le marché qui tirent leur épingle du jeu, sans doute au détriment de nouveaux arrivants qui n’ont pas encore pu se faire une image suffisamment forte dans l’esprit des automobilistes marocains.
Au final, dans sa globalité, le marché peu habitué à renouer avec une stagnation qu’il n’a pas connu depuis une dizaine d’années est quelque peu déstabilisé et les divers responsables commerciaux interrogés ne voient plus qu’une porte de sortie : se repositionner. Quitte à être obligés de baisser à nouveau les prix d’ici trois mois !