Le marasme s’installe dans les campagnes

Officiellement, la production est de 36 millions de qx de céréales
Les agriculteurs jugent les aides annoncées insuffisantes.

C’est officiel. Le ministère de l’agriculture vient d’annoncer, sur la base de données préliminaires et avec un léger «optimisme», une production prévisionnelle avoisinant 36 millions de quintaux pour les céréales d’automne, soit une baisse de 57 % par rapport à la campagne précédente et de 35% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les régions les plus touchées sont notamment la haute Chaouia, le Haouz, le Tensift, Zaër-Zemmour, la Basse Chaouia, Doukkala, Abda, le Souss et le Nord Est.
La qualité de la production n’est pas non plus au rendez-vous cette année. En effet, même si l’absence de mauvaises herbes contribue à la baisse du taux des impuretés, la faible pluviométrie et les hautes températures en fin de cycle n’ont pas permis un remplissage du grain, d’où un faible poids spécifique.
Les agriculteurs attendaient donc beaucoup du dispositif de soutien que mettent en place les pouvoirs publics dans de pareilles situations. Vu l’ampleur des dégâts, beaucoup d’entre eux sont passés de la grosse déception à la résignation.

Assurance sécheresse : 267 communes déclarées sinistrés
Ils estiment, de manière générale, que ces mesures ont une portée très limitée et sont loin d’aller au fond des problèmes. Par exemple, les décisions de rééchelonnement et d’exonération restent symboliques parce qu’elles ne profitent qu’à un petit nombre de producteurs, clients du Crédit agricole. Ceux qui ont eu recours à d’autres modes de financement, et ils sont nombreux, devront se débrouiller tout seuls.
De même, nombre de ceux qui avaient souscrit à l’assurance sécheresse (121 000 ha couverts sur les 300 000 prévus) vont déchanter. Seulement 267 communes, soit 58% de celles concernées par le dispositif, sont déclarées sinistrées. Compte tenu des méthodes de classification des zones touchées, les producteurs sinistrés, mais localisés dans des poches de relative prospérité, perdront automatiquement leur mise.
En attendant que les agriculteurs écoulent une partie de leur maigre récolte ou que des projets générateurs d’emplois soient lancés dans le monde rural, les souks se déroulent dans une ambiance morose. Les maigres espoirs sont reportés sur les légumineuses alimentaires (fèves, lentilles, petits pois et pois chiche), qui occupent une superficie de 360 000 ha, soit le même niveau que celui de la campagne précédente, à l’exception des pois chiches dont la superficie occupée a fléchi de 15 % en raison de l’absence de précipitations en cette période.