Le groupe français Alain Crenn cherche de nouveaux actionnaires pour son projet de Marrakech

Son projet, le Samanah Country Club, est à  moitié réalisé. Le groupe avait signé en 2007 une convention d’investissement de 2.5 milliards de DH. Trois hôtels 5* ne sont pas encore sortis de terre.

Le groupe français Alain Crenn recherche un repreneur pour une partie de son projet Samanah Country Club dans la petite commune de Tamesloht, à 14 kilomètres au sud de Marrakech. Selon des informations obtenues par La Vie éco et dûment recoupées, le groupe a mandaté une banque d’affaires casablancaise pour l’accompagner dans une opération de restructuration qui devrait finir par la revente d’une partie du projet.

A l’origine de cette opération, les difficultés financières que connaît actuellement la société Marprom, filiale de droit marocain créée par le groupe Alain Crenn pour piloter le projet, et qui pourraient remettre en question la réalisation de ce qui reste du chantier. Il faut savoir que le groupe Crenn avait signé en 2006 puis en 2007 deux conventions avec l’Etat marocain portant sur la réalisation sur une parcelle de 300 hectares à Marrakech d’un projet consistant en trois unités hôtelières de type 5*, 485 villas, 108 maisons et un parcours de golf avec, à la clé, un investissement global de 2,5 milliards de DH. Mais le fait est qu’à ce jour, le groupe Alain Crenn n’a effectivement réalisé que le parcours de golf et une partie des villas. Quant à la partie hôtelière, elle est toujours en suspens à cause de la situation financière.

Les premiers doutes sur la réalisation du projet remontent à 2010

C’est donc pour débloquer le projet que la filiale du groupe, Marprom, a décidé de recourir à la banque d’affaires casablancaise qui devra procéder, d’abord, à un diagnostic préalable, proposer un plan d’action d’urgence  et des scénarios de sauvetage et, éventuellement, si le groupe Alain Crenn le souhaite, à la recherche d’éventuels nouveaux actionnaires pour entrer dans le tour de table moyennant l’injection d’argent frais. Pour l’heure, certes, la cession de parts dans le projet n’est qu’une éventualité sans plus.

Pour rappel, le groupe Alain Crenn s’était engagé, en vertu de la seconde convention d’investissement signée en 2007, à réaliser trois unités hôtelières de type 5* sur son site dont la gestion devait être assurée par une grande chaîne britannique ou sous l’enseigne Samanah. Le premier hôtel devait contenir 152 chambres pour un investissement global de 301 millions de DH. Le second, quant à lui, devait compter 60 chambres pour un investissement de 169 millions de DH. Les deux hôtels devaient, en principe, permettre la création de près de 300 emplois directs. Quant à la troisième unité, la convention n’avait pas spécifié ses caractéristiques puisque, à l’époque, le groupe Alain Crenn n’avait pas encore finalisé l’acquisition de la parcelle de terrain qui devait l’accueillir. Et déjà, en 2010, les premiers doutes s’installaient quant à la continuité du chantier quand le groupe Alain Crenn avait fait remonter près de 90 MDH de cash de son projet au moment où il n’était encore qu’à moitié réalisé.