Le groupe Bensalah redimensionne Somathes

– Le capital a été réduit de 275 MDH n Les actifs non liés à  la production sont sortis du bilan.
– Pour Holmarcom, il s’agit de rapporter les actifs au niveau de l’activité.

Moins d’un an après avoir acheté 100% du capital de Somathes (Société Marocaine du thé et du sucre) dans le cadre d’une des principales opérations de privatisation en 2006, le groupe Holmarcom (Holding marocaine commerciale et financière) vient d’en remonter 274,7 MDH, soit plus de la moitié du chèque de 539 MDH qu’il a signé à  l’Etat marocain pour devenir seul maà®tre à  bord. En effet, à  quelques mois d’un dividende de plusieurs dizaines de millions de DH à  percevoir au titre de l’exercice écoulé, le nouvel actionnaire vient de réduire le capital de 374,68 MDH à  100 MDH par voie d’annulation et de remboursement de 2 746 850 actions.

Extraction de cash non négligeable

Cette «extraction» de cash qui réduit la facture d’Holmarcom qui avait contracté un emprunt bancaire pour se payer l’ex-Office national du thé et du sucre (ONTS), est justifiée par la logique économique. Elle est, en effet, motivée par la disproportion des fonds propres de l’entité (près de 400 MDH et pratiquement pas de dettes) par rapport à  son actif économique et ses projets d’investissement immédiats. Le Dg d’Holmarcom, Youssef Latif, explique cette réduction du capital par «un souci de redimensionnement des actifs par rapport à  son vrai niveau d’activité en se limitant aux actifs industriels». Ainsi, le groupe a également sorti du bilan de la Somathes les immobilisations qui ne sont pas directement liées à  la production, le tout faisant 274,7 MDH.
Pour ce qui est des cash-flow, il faut dire qu’au lendemain du démantèlement du monopole – qui a duré 35 ans-, la restructuration pilotée par l’Etat en 1998 et qui s’était matérialisée entre autres par un plan social, l’externalisation des activités d’imprimerie et l’amélioration de la qualité, avait permis à  Somathes d’afficher dès 2000 une rentabilité enviable. En témoigne la marge opérationnelle qui se maintient à  deux chiffres depuis plusieurs années (16% en 2005).
Somathes fait donc figure de fleuron d’Holmarcom au grand dam des quinze candidats qui furent en lice pour sa reprise. D’une part, la nouvelle filiale représente une machine à  cash dont les excédents peuvent être réalloués vers les autres activités du groupe. D’autre part, les synergies qu’elle permet avec les autres entités du pôle agroalimentaire du groupe sont annonciatrices de création de valeur, notamment pour les boissons gazeuses (Oulmès et Pepsi Cola) très consommatrices en sucre.