Le groupe Bel investit 26 MDH dans une nouvelle société à  Tanger

La nouvelle entité est destinée à être une plate-forme d’exportation qui couvrira plusieurs pays africains.

Legroupe agroalimentaire français Bel renforce sa présence au Maroc. En effet, le numéro un mondial des fromages en portion, plus connu au Maroc et ailleurs à travers ses marques Kiri, Les Enfants et La Vache qui Rit, a créé récemment à Tanger une nouvelle filiale dénommée Société d’import export de produits fromagers (SIEPF). Doté d’un capital de départ de 26 MDH et détenu à travers SICOPA, le nouveau holding du groupe qui chapeaute toutes les participations étrangères, cette société deviendra à terme une plate-forme d’import-export qui couvrira plusieurs pays africains. L’attrait du futur port Tanger Med n’est pas étranger au choix de l’implantation de cette deuxième filiale d’un groupe internationalisé qui réalise déjà 80 % de son chiffre d’affaires en dehors de la France.
Rappelons que le Maroc représente un important marché pour le groupe avec une filiale historique contrôlée à hauteur de 68 %, Sialim, devenue en 2004 Fromageries Bel Maroc (FBM), qui se positionne comme un des leaders locaux de la filière lait & dérivés. En 2004, son chiffre d’affaires a dépassé le milliard de DH, soit près de 5 % du chiffre des ventes au niveau mondial. Cette performance s’explique par la grande notoriété de ses produits auprès des consommateurs marocains, un effort d’innovation sans relâche et une politique de communication agressive. En attestent, en 2004, les lancements réussis de Kiri Douceur de Jben et La Vache qui Rit Kamil ainsi que la campagne publicitaire avec Hicham El Guerrouj. Le résultat de ces actions est que les parts de marché de FBM sur le segment des fondus est en progression. Quant à la rentabilité opérationnelle qui dépasse largement la barre des 20 % (l’une des meilleures de son secteur), elle permet à Sialim, qui a un endettement nul, de dégager un cash flow récurrent qu’elle alloue entre ré-investissement et rémunération de ses actionnaires. Rien qu’en 2004, le dividende versé aux actionnaires a totalisé près de 120 MDH puisés d’un bénéfice net de 218 MDH.
A noter qu’en se renforçant sur le marché marocain des produits agroalimentaires, le groupe anticipe l’exacerbation de la concurrence subséquente à l’entrée en jeu ou la montée en régime de plusieurs concurrents de taille mondiale tel le saoudien Savola ou son compatriote Bongrain qui souhaite consolider le succès de son partenariat avec l’ONA dans les Fromageries de Doukkala. Une concurrence qui devrait profiter en premier aux consommateurs