Le groupe Alliances sort peu à peu la tête de l’eau

Le groupe dégage un bénéfice de 20 MDH au premier semestre après un déficit cumulé de 2,8 milliards de DH sur les deux dernières années. Le plan de restructuration a permis de quadrupler le chiffre d’affaires et de baisser sensiblement les charges opérationnelles et financières n Une deuxième vague de cessions d’actifs en préparation pour réduire la dette privée.

Après avoir traversé une zone de turbulences au cours des deux dernières années, matérialisée par un déficit net cumulé de 2,8 milliards de DH, Alliances renoue avec les profits au premier semestre 2016. Le groupe immobilier dégage un résultat net part du groupe de 20 MDH.

Le plan de restructuration du promoteur, qui a mis du temps à prendre forme et qui est décliné depuis quelques mois, fait manifestement son effet. Une première mesure salvatrice de ce plan a consisté pour l’entreprise à se désengager de la construction. Le groupe a ainsi mis en faillite ses trois filiales dans ce métier (EMT Bâtiment, EMT Routes et EMT) qui avaient totalisé une perte de 568 MDH en 2015 et un déficit de 992 MDH l’année d’avant. Depuis ce premier semestre 2016, ces filiales à problème ne sont plus consolidées. En se délestant de ce poids, Alliances a eu les coudées franches pour se recentrer sur son cœur de métier, à savoir la promotion immobilière et la maîtrise d’ouvrage déléguée. Tous les chantiers du groupe sur ces métiers ont ainsi repris leur rythme normal, a assuré le management lors de l’annonce de ses résultats semestriels, étant aussi à rappeler que le promoteur a cédé de nombreux biens en cours de réalisation à ses créanciers pour réduire sa dette et accéder à des liquidités. Au niveau de l’habitat économique et intermédiaire, un total de 2 744 unités a été livré à la clientèle sur les 6 premiers mois de l’année et 2 900 unités sont achevées, sachant qu’Alliances gère actuellement 25 projets sur le segment. Côté haut standing, avec un portefeuille de 10 projets en cours, 183 unités ont été livrées et deux projets ont décroché le permis d’habiter (Iken Park et Terrasses Dar Essaima).

Il reste bien sûr les projets du groupe en Afrique dont le devenir n’a pas été clairement détaillé depuis la mise en œuvre du plan de restructuration.

Les projets en Afrique seront réactivés après le redressement au Maroc

Alliances est notamment engagée sur un programme de 14 000 logements en Côte d’Ivoire, et il doit construire un projet résidentiel et d’équipements de santé au Cameroun. Seul le premier est aujourd’hui initié avec une première tranche de 640 logements programmée et commercialisée à plus de 60%, selon le management. De manière générale, le promoteur laisse entendre qu’il ne devrait réellement se pencher sur ses projets en Afrique qu’à partir de l’année prochaine, le temps d’en finir avec les urgences de son plan de redressement. Mais déjà, avec une activité qui revient peu à peu à la normale au Maroc, le chiffre d’affaires a repris des couleurs. Il a presque quadruplé au premier semestre 2016, en comparaison avec la même période de l’année dernière, passant de 373 MDH à plus de 1,4 milliard de DH. Notons surtout qu’en dépit des livraisons et achèvements relativement limités en nombre sur le haut standing, ce segment pèse tout de même 42% du chiffre d’affaires (contre 22% sur les 6 premiers mois de 2015).

Outre le redressement de l’activité, le groupe a mis le paquet sur la rationalisation de ses charges d’exploitation et la réduction de son endettement et donc de ses charges financières, deux autres priorités de son plan. Sur le premier volet, les frais de structure ont été abaissés de 52% au premier semestre 2016 par rapport à la même période de l’année passée, à 141 MDH dans le sillage, entre autres, d’une compression drastique des effectifs. S’agissant des dettes, elles ont pu être ramenées à près de 6,8 milliards de DH contre 8,5 milliards en 2014, et encore ! Ce niveau ne prend pas en considération les protocoles de réduction de dette négociés ces derniers mois avec les banques et les détenteurs de dette projette. Après exécution de ces accords, prévue d’ici la fin de l’année, le management projette de ramener son ardoise à 3,6 milliards de DH. Sur ce total, 2,6 milliards consistent en dette privée, qu’Alliances espère compresser encore plus en opérant à nouveau des cessions d’actifs. Quant au 1,1 milliard de DH restant dû aux banques, le groupe n’a d’autre choix que de le rembourser au fur et à mesure des livraisons.

Le groupe doit convaincre de sa capacité à tenir ses promesses

Grâce à cette meilleure maîtrise des charges opérationnelles et financières, Alliances peut espérer mieux tirer parti de ses réalisations commerciales à l’avenir. Celles-ci devraient justement gagner encore plus en vigueur avec un chiffre d’affaires de 3,9 milliards de DH prévu pour 2016 (contre moins d’un milliard de DH en 2015), 4 milliards de DH en 2017 et 4,5 milliards de DH l’année suivante. Des prévisions étayées par un carnet de commandes pour l’habitat social et intermédiaire s’élevant à plus de 5 milliards de DH, représentant 13 854 unités. Ce à quoi s’ajoutent 402 unités haut standing, dans le pipe, d’une valeur de 1 milliard de DH. Reste pour le promoteur à convaincre de sa capacité à tenir ses promesses. A court terme, il s’agira déjà de regagner la confiance de ses actionnaires, ceux-ci préférant encore attendre de voir avant d’adhérer à une augmentation de capital prévue dans le plan de restructuration.