Le gouvernement prépare une nouvelle stratégie pour le secteur du transport aérien

Un appel d’offres pour la réalisation d’une étude globale vient d’être lancé.
Stratégie de négociations aériennes, ouverture de nouvelles lignes, refonte des textes, mise en réseau des acteurs privés et publics : un cahier des charges très étoffé.
Un observatoire du transport aérien sera créé.

A l’heure où le secteur du transport aérien mondial traverse une crise sans précédent et où Royal Air Maroc, compagnie aérienne nationale, doit faire face à un premier -et lourd- déficit depuis 10 ans (voir La Vie éco du 9 octobre dernier, www.lavieeco.com), le ministère de l’équipement et du transport vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation d’une «étude du plan de développement du transport aérien». Cette étude qui comportera plusieurs volets vise en fait l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour le développement et la promotion du transport aérien et d’un plan d’action pour ce secteur qui a connu ces dernières années de grosses mutations. D’aucuns diront qu’il s’agit, là encore, d’une étude de plus. Au contraire, des spécialistes de l’aérien considèrent qu’avec l’ouverture de son ciel à la concurrence, le Maroc a tout intérêt à revoir sa politique en la matière, et particulièrement au niveau des actions à entreprendre pour soutenir sa compagnie nationale. Il faut dire qu’au Maroc le secteur a considérablement changé ces dernières années. La situation est telle que depuis 2004, qui marque le début de la libéralisation, et, surtout, depuis décembre 2006, date de la signature de l’accord dit «Open Sky» avec l’Union Européenne, ce sont 22 nouvelles compagnies qui ont investi le ciel marocain, portant ainsi à 45 le nombre de celles qui desservent régulièrement le Maroc. Le taux de croissance moyen du trafic a évolué au cours de la période 2004-2007 de 17%, et, malgré la crise, ce taux a été de 8,5% en 2008. Le paysage marocain a vu aussi la création avec plus ou moins de réussite de quatre nouvelles compagnies aériennes de droit marocain dont deux filiales de la RAM, Atlas Blue et RAM Express.
Dans ce contexte, l’étude devra concerner plusieurs aspects dont, en premier lieu, l’élaboration d’une «stratégie de négociations  aériennes». Qu’est-ce que cela veut-il dire ? En clair, le consultant doit se pencher sur tout l’arsenal des accords signés par le Maroc, analyser ces accords et faire une évaluation pour consolider leurs points forts et améliorer ou corriger ce qui est susceptible de fragiliser le secteur. De là, devrait sortir une nouvelle stratégie, nous dit-on, «plus agressive et plus efficace» et différenciée selon les régions et les marchés émetteurs potentiels. Car, il ne faut pas l’oublier, la libéralisation du transport aérien est venue en soutien au choix du tourisme en tant que branche économique d’avenir (Vision 2010, Plan Azur…).

Entre autres objectifs, promouvoir le Maroc comme destination touristique
En second lieu, l’étude doit justement servir à définir un plan d’actions visant l’ouverture de nouvelles lignes régulières à partir des marchés émetteurs, et l’accompagnement de la mise en œuvre par des plans marketing pour promouvoir la destination Maroc.
Troisièmement, le bureau qui remportera le marché devra se pencher sur les textes réglementaires relatifs au transport aérien et élaborer de nouveaux textes pour rapprocher la réglementation nationale des standards internationaux. A titre d’exemple, c’est le même cabinet qui devra élaborer les textes d’application du projet de loi portant code de l’aviation civile aujourd’hui en cours d’adoption.
Une autre mission, et non des moindres, du cabinet, réside dans l’élaboration des termes de référence pour la refonte du système d’information de la direction du transport aérien et sa liaison avec les autres acteurs du secteur que sont les compagnies aériennes, l’Office national des aéroports (ONDA), les tour-opérateurs ainsi que d’autres acteurs du secteur du tourisme. Il est précisé que ce système d’information doit être en mesure d’assurer le suivi de différentes grandeurs comme l’évolution du trafic national et international (régulier, charter et fret) et la situation des lignes (taux de remplissage, capacité, suppression de lignes, etc.).
Le bureau d’études doit en outre s’informer sur ce qui se fait de meilleur sous d’autres cieux et évaluer les besoins humains, matériels et techniques pour la création d’un Observatoire national du transport aérien, organe de veille efficace. Pour permettre à l’observatoire de s’acquitter de ses tâches, il doit également identifier les données utiles produites par les différents acteurs du transport aérien et concevoir les indicateurs de performance. Sauf que sur ce chapitre, il est à craindre que cet observatoire ne connaisse le même sort que les autres observatoires d’autres secteurs qui n’ont jamais vu le jour, ou qui n’ont qu’une portée limitée.