Le gouvernement condamné à  réajuster le prix des produits pétroliers

Une décision est attendue pour la fin du mois

Des experts prédisent un baril à 100 dollars.

«Nous attendons la fin du mois pour voir ce qu’il y a lieu de faire» : c’est la réponse du ministre chargé des Affaires générales du gouvernement, Rachid Talbi Alami, à la question de savoir qu’elle sera l’attitude des pouvoirs publics face à la flambée des cours du pétrole. «Le gouvernement va bientôt se réunir sur la question», renchérit un haut fonctionnaire à Rabat. A quelques jours de la date théorique de fixation d’une nouvelle grille de prix des carburants (une pratique courante depuis la mise en place, en 1995, du système d’indexation), le gouvernement paraît embarrassé face à un problème sur lequel tous les pays, y compris les producteurs, avouent leur impuissance.

En début de semaine, à Doha (Qatar), en marge du Forum international de l’énergie, les ministres du pétrole de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ont clairement fait savoir qu’ils n’avaient aucun moyen d’enrayer l’extraordinaire renchérissement des cours du brut (75 dollars le baril). «Si le cours est là où il est, ce n’est pas à cause de pénuries d’approvisionnement. Les stocks sont à leur plus haut niveau, les fondamentaux sont donc solides», a déclaré le ministre saoudien du pétrole, Ali Al Nouaïmi.

La Caisse de compensation doit encore 5 milliards de DH aux distributeurs
S’exprimant sur nos colonnes il y a trois mois (voir La Vie éco du 27 janvier 2006), Pierre Terzian, expert en énergie, le disait : «Les incertitudes géopolitiques offrent aux spéculateurs l’opportunité de réaliser des profits, et à partir de là la tendance des prix se trouve déconnectée par rapport à la tendance des fondamentaux». C’est sans doute pour cette raison que les pays de l’Opep ont refusé de relever leur plafond de production, fixé à 28 millions de baril par jour, repoussant ainsi la proposition du Koweït de faire usage de la capacité totale non utilisée du cartel, soit deux millions de barils par jour supplémentaires, comme cela avait été le cas en septembre dernier quand les cours dépassaient les 70 dollars.

Compte tenu de ces données, les experts ne sont pas prêts à parier sur une accalmie des cours du brut, certains prédisant même un baril à 100 dollars. Face à cela, le Maroc paraît condamné à réajuster les prix à la pompe (dans quelle proportions ?), une décision difficile à prendre à la veille du 1er mai, fête des travailleurs. En tout cas, les arriérés de la Caisse de compensation, jusqu’à mars 2006, s’élèvent à 3 milliards de DH, sans parler du reliquat de 2005, d’un montant de 2 milliards de DH.