Le gouvernement au chevet du pouvoir d’achat

Une augmentation de 5% du SMIG en septembre 2022 et une autre supplémentaire attendue en 2023.

L’inflation importée, la sécheresse et les conséquences de la crise sanitaire ont impacté le pouvoir d’achat des Marocains, en particulier les plus vulnérables. Afin d’alléger cet impact, le gouvernement a initié une batterie de mesures sociales à destination des citoyens et du secteur privé. Ce dernier est plus que jamais appelé à mettre également la main à la pâte et faire preuve de solidarité.

Les temps sont durs pour l’économie mondiale, et c’est peut-être bien parti pour durer. La crise russo-ukrainienne a été un véritable coup de massue, après la crise sanitaire ayant mis à genoux l’économie mondiale. Le Maroc n’a pas été épargné par cette conjoncture exceptionnellement difficile. Le pouvoir d’achat des Marocains a accusé le coup à cause d’une inflation importée qui a touché tous les secteurs vitaux de l’économie. Aujourd’hui, l’inflation oscille aux alentours de 8%, maîtrisée certes, mais qui risque de s’envoler les prochains mois. En tout cas, tout est fait pour que cela n’arrive pas. Le gouvernement suit, en effet, de très près les fluctuations des prix des matières premières et des cours de produit d’énergie, de manière à réagir rapidement que cela s’impose. Cela d’autant qu’alors que des pays à économie comparable souffrent de taux très élevés d’inflation, de pénuries de produits de première nécessité, de queues interminables pour acheter du lait ou de l’huile de table…, au Maroc le gouvernement a mis en place une batterie de mesures urgentes pour faire face à cette situation de crise et en alléger l’impact sur les citoyens, en particulier les plus vulnérables. Il y a quelques jours, et ce n’est qu’un exemple, des mesures ont été prises pour remédier à une baisse de régime de la production laitière.

Un approvisionnement stable du marché
De manière générale, en premier lieu, le gouvernement s’est assuré d’un approvisionnement stable et régulier du marché en produits de première nécessité, en renforçant aussi les stocks et les réserves stratégiques de matières premières comme le blé, le sucre, les huiles de table, ainsi que le thé, produit très consommé par les Marocains. Sur le volet énergétique, malgré la hausse de la facture énergétique et la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe fin 2021, le Maroc n’a pas lésiné sur les moyens et les accords pour sécuriser son approvisionnement en produits énergétiques et limiter la casse au niveau des prix à la pompe, des prix qui malgré leur hausse au Maroc restent en deçà des niveaux records enregistrés chez certains pays comparables. Cela, tout en maintenant bien évidemment au même niveau les prix de l’électricité.
Fin septembre 2022, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a loué les efforts du gouvernement pour essayer de préserver le pouvoir d’achat des Marocains. Il a ainsi cité une pléthore de mesures salutaires qui ont permis au Maroc de garder la tête hors de l’eau tels que le plan anti-sécheresse de 10 MMDH, le remboursement des arriérés de TVA à hauteur de 13 MMDH, les mesures exceptionnelles prises pour la rentrée scolaire, l’annulation des pénalités de retard dans le secteur de la construction, les mesures de soutien pour des secteurs névralgiques comme le transport et le tourisme et le doublement du budget de la Caisse de compensation à 32 MMDH, en plus d’une rallonge budgétaire de 12 MMDH opérée par le gouvernement début octobre pour faire face à la hausse des prix. «Je ne suis pas l’avocat du gouvernement, mais je pense qu’il a fait un effort assez consistant pour maintenir le pouvoir d’achat des Marocains», avait souligné le gouverneur de la Banque centrale en septembre 2022.
Par ailleurs, le gouvernement a eu le mérite de mettre sur orbite, cette année, le dialogue social, un dossier qui s’est éternisé dans les tiroirs du gouvernement précédant. Un accord social institutionnalisant le dialogue social avec les centrales syndicales les plus représentatives, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER) a ainsi été conclu en avril dernier, comprenant plusieurs mesures de soutien du pouvoir d’achat des travailleurs en général et de certaines catégories de la classe moyenne en particulier. «Cet accord permettra par exemple d’améliorer le revenu des salariés dont le salaire net se situe entre 4 500 et 9 000 dirhams par un revenu supplémentaire annuel allant de 900 à 2 250 dirhams», avait précisé Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement, fin octobre lors de son grand oral au Parlement. Dans le détail, les salariés du secteur privé ont bénéficié d’une augmentation de 5% du SMIG en septembre 2022 et une augmentation supplémentaire de 5% a été convenue avec les partenaires sociaux pour 2023, ce qui représente une augmentation annuelle de salaire estimée à 3 200 dirhams. Quant au SMAG, il a été augmenté de 10% et ce, dans un objectif d’un alignement du SMIG et du SMAG à l’horizon 2028.

La dynamique se poursuit grâce au PLF 2023
Cette dynamique de soutien au pouvoir d’achat se poursuivra l’année prochaine grâce aux meures prévues par le projet de Loi de finances (PLF) 2023, un texte qui se veut social, notamment au profit de la classe moyenne dans le but de booster la consommation interne et réussir ainsi la relance économique du pays.
Le PLF 2023 prévoit plusieurs mesures à même d’améliorer sensiblement le revenu des fonctionnaires du secteur public comme l’allègement de l’impôt sur le revenu en fonction du niveau du salaire mensuel, sachant que les faibles revenus sont exonérés de l’IR, une augmentation du SMIG dans le secteur public à 3 500 dirhams, la suppression de l’échelle 7 afin de permettre aux fonctionnaires de passer directement de l’échelle 6 à l’échelle 8, en plus de l’augmentation du quota de promotion dans l’échelle à 36% au lieu de 33%. «Le PLF 2023 comprend également des mesures visant à améliorer le revenu des retraités et les conditions d’éligibilité au régime des retraites et ambitionne de réformer le secteur de la santé publique et l’enseignement, en ligne avec les engagements du gouvernement», a souligné par ailleurs le Chef de l’Exécutif.

La situation requiert la mobilisation de tous !
Grâce à une batterie de mesures à caractère social, le gouvernement a réitéré son engagement en faveur des classes sociales les moins aisées qui sont les plus touchées par l’inflation importée. Les ressources de l’Etat étant limitées, le secteur privé est également amené à faire preuve de solidarité en cette période de crise. Certains grands groupes spécialisés, notamment dans l’agroalimentaire, ont réalisé des bénéfices insolents en recourant à des augmentations «exagérés» des prix de leurs produits. Des intermédiaires et des spéculateurs continuent de faire la pluie et le beau temps, s’enrichissant sur le dos des vulnérables. Ces pratiques doivent cesser. La situation actuelle requiert davantage de mobilisation de tous, de responsabilité et d’entraîde. Heureusement que la citoyenneté et la RSE ne sont pas que de simples slogans Marketing chez certains groupes comme Marjane. Le leader de la grande distribution a sacrifié une partie de ses marges bénéficiaires afin de soutenir le pouvoir d’achat des Marocains et a initié plusieurs opérations en faveur des plus démunis. A bon entendeur !