Le Fonds Hassan II renforce son contrôle dans Autoroutes du Maroc

Il injecte 1,45 milliard de DH dans le capital d’ADM
Sa part dans le capital passe à  66,6%.

Après avoir dépassé le seuil de 50% du capital d’Autoroutes du Maroc (ADM) en 2006 lors d’une précédente augmentation de capital, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social en prend le contrôle à plus de 66,6% à l’occasion d’une énième augmentation de capital ayant porté ce dernier de 5,08 milliards à 6,54 milliards de DH. Sur les 1,45 milliard ainsi injectés, 1,1 milliard ont été réservés au fonds dans le cadre d’une quatrième convention liant les deux parties (après celles de 2002, 2004 et 2005). Quant au Trésor public, sa part se limite à 320 MDH comme prévu dans le contrat-programme 2004-2008 qui fixe les obligations de celui-ci à un apport total de 1,6 milliard de DH étalé sur la période. Le reste, soit 30 MDH, est prévu pour les autres actionnaires désireux de participer à l’opération et qui comptent des opérateurs publics (Sodep, LPEE, BCP, etc.) et privés (BMCE, RMA Watanya, Samir…).

Une rallonge de deux milliards de DH entre 2009 et 2014
Cet effort consenti par les deux principaux actionnaires du concessionnaire marocain du réseau autoroutier est destiné à compléter le financement des constructions de l’autoroute Marrakech-Agadir qui a débuté en 2006 et amorcer celles de Fès-Oujda.

Avec l’accélération des mises en chantier, ADM est acculée à solliciter régulièrement ses actionnaires car la montée en puissance des nouveaux tronçons ne permet pas d’autofinancer le rythme effréné des investissements. D’ailleurs, depuis l’introduction dans le périmètre concédé à ADM des deux autoroutes précitées, le contrat-programme signé avec l’Etat et devant expirer en 2008 est déjà en cours d’amendement. Une rallonge de deux milliards de DH sera donc allouée pour la période allant de 2009 à 2014.

Outre le financement en capital, ADM qui ne dépasse pas encore le milliard de DH de chiffre d’affaires pour un bénéfice limité à près de 30 MDH, a également expérimenté l’emprunt obligataire en 2005 en lançant une émission de 500 MDH sur 25 ans. Mais la principale problématique du passif d’ADM demeure le poids de l’endettement en devises qui dépasse les 8 milliards de DH et lui fait courir un risque de changes non négligeable. Pour gérer ce dernier, le management de la société a récemment sollicité le concours de CDG Capital pour se pencher sur différents scénarios de restructuration de la dette. Les conclusions devront donc très prochainement être remises au ministre du transport qui préside le conseil d’administration d’ADM.