Le Fonds Hassan II devient majoritaire dans Autoroutes du Maroc

Il souscrit à hauteur de 1,3 milliard de DH dans l’augmentation de capital et porte sa participation à 57 %

L’opération devrait permettre à ADM d’équilibrer
ses comptes.

Après avoir fait son entrée dans le capital de la Société des Autoroutes du Maroc (ADM) en 2004 par une injection de 100 MDH, dans le cadre du contrat-programme 2004-2008 signé entre le concessionnaire et les pouvoirs publics, et renforcé sa participation de 500 MDH une année plus tard, le Fonds Hassan II franchit une nouvelle étape dans son soutien aux divers programmes d’infrastructures du pays. Il a souscrit 1,3 milliard de DH – avec libération immédiate de 400 MDH – à l’opération d’augmentation de capital de 1,62 milliard en cours. De facto, le fonds devient le premier actionnaire avec 57 % du capital. Le reliquat de sa participation (900 MDH) ne sera cependant versé qu’en 2007. L’apport de l’Etat dans cette opération se limitera à sa contribution annuelle prévue dans le contrat-programme, soit 320 MDH.

Trésorerie : des besoins à 1,1 milliard de DH
Cette énième injection de capital (après celle de 1,1 milliard en 2002, de 420 MDH en 2004 et de 821 MDH en 2005) permettra de rétablir l’équilibre financier de la société dont les reports à nouveau négatifs totalisent, à fin 2004, près de 855 MDH, malgré la réalisation d’un bénéfice de 56 MDH en 2003. Elle permettra également de couvrir les besoins en trésorerie qui s’élèvent à 1,1 milliard de DH au titre de l’exercice en cours. Celui-ci connaît d’ailleurs un programme d’investissement assez lourd, avec l’entrée en phase avancée des constructions du chantier important de Marrakech-Agadir et le lancement, au cours du deuxième semestre, de l’autoroute Fès-Oujda.

Rappelons que l’exercice 2005 a aussi connu la première sortie sur le marché obligataire d’ADM, avec une émission de 500 MDH sur 25 ans. D’importants financements auprès d’organismes multilatéraux de développement ont été sollicités. Demeure pour les actionnaires, le défi de l’équilibre financier car la rentabilité des nouveaux tronçons mis en service nécessite souvent plusieurs années, alors que le poids de l’endettement plombe les revenus opérationnels qui ne décollent pas. Ainsi, la marge opérationnelle devrait se situer en 2005 à moins de 5 %, pour un chiffre d’affaires à près de 600 MDH, contre près de 15% un an auparavant.