Le Fonds de mise à  niveau doté de 200 MDH

Il sera opérationnel dans les prochaines semaines en attendant l’intégralité
de ses 400 MDH de ressources.

Le FOMAN (Fonds de mise à niveau) dont la gestion est confiée à la CCG (Caisse centrale de garantie), devrait être opérationnel dans les prochaines semaines. Sur les 400 MDH dont il devrait être doté, le ministère des Finances vient de verser 100 MDH, soit la moitié de sa contribution. «Un montant équivalent a été débloqué par la Commission Européenne la semaine dernière et le compte du FOMAN est en passe d’être crédité», précise-t-on à la représentation de la Commission Européenne à Rabat. En parallèle, les réunions se succèdent pour mettre en place les procédures d’octroi des crédits et donner une nouvelle orientation stratégique au processus de financement de la mise à niveau, et surtout pour lancer la grande campagne de communication et de sensibilisation à l’adresse des banques et des entreprises. On espère ainsi éviter les erreurs du passé qui ont poussé les banques à se montrer très réservées vis-à-vis des instruments de mise à niveau mis en place depuis 1997. L’objectif est également de sortir les entreprises de leur attentisme. Ceci d’autant plus que, dès l’année prochaine, les effets du démantèlement douanier se feront sentir davantage avec la deuxième baisse de 25% des droits de douane sur les produits fabriqués localement.

Peu d’engouement pour le Fortex et Renovotel
En réalité, il y a toujours eu, autour de la mise à niveau, un problème d’assimilation que personne n’arrive à expliquer. Selon un responsable d’une grande banque de la place, la demande de financement demeure toujours faible car l’entrepreneur marocain ne semble pas conscient que l’impact de l’accord d’association signé avec l’Union Européenne sera là dans deux ans et non pas en 2012. Pourtant, fait-il remarquer, «les outils de mise à niveau existent au niveau global et sectoriel, les conditions de financement sont très intéressantes pour les entreprises et, paradoxalement, rien ne bouge». Il cite à cet égard l’exemple de Renovotel (hôtellerie) et du Fortex (textile) lancés au début de l’année 2003 et qui ne suscitent à ce jour que très peu d’engouement. Il est vrai que, pour le Fortex, la clause stipulant que l’entreprise devait être en déséquilibre financier pendant trois ans pour pouvoir accéder à ce financement a mis du plomb dans l’aile de cet instrument. Mais, même après que le gouvernement eut rectifié le tir en élargissant l’accès à toutes les entreprises du secteur textile, celles-ci ne se bousculent pas au portillon. Et ceci, toutes les banques de la place peuvent le confirmer. Pourtant, des efforts en matière de communication ont été faits et par les pouvoirs publics et par les banques pour lancer ces produits.
Il semblerait, selon un autre banquier, que l’entrepreneur marocain ait besoin de paniquer pour se décider à réagir face à la concurrence et, pour l’heure, il se contente de colmater les brèches, alors que le démantèlement est pour demain