Le FMI exhorte le Maroc à accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles

Les priorités sont d’améliorer la qualité du système éducatif, le fonctionnement du marché du travail, le taux d’activité des femmes et le climat des affaires. L’institution plaide également pour un système fiscal plus efficient et plus équitable.

«Au cours des dernières années, l’économie marocaine a bénéficié de la poursuite d’une gestion macroéconomique prudente et des réformes structurelles, ainsi que de l’évolution favorable du prix du pétrole», a déclaré Nicolas Blancher, chef de la mission du FMI au Maroc, lors d’un point de presse tenu à Rabat, au terme des consultations effectuées, avec les autorités marocaines, du 16 novembre au 1er décembre, au titre de l’article IV des statuts de l’institution et de la première revue de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL). D’après lui, si les progrès réalisés en matière de maîtrise budgétaire et de diversification de l’économie ont «renforcé sa résilience», il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une croissance «plus élevée, soutenable et mieux partagée». Il convient, en effet, d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles, afin d’accroître les gains de productivité, la création d’emplois et le potentiel de croissance de l’économie. Dès lors, les priorités sont d’améliorer la qualité du système éducatif, le fonctionnement du marché du travail, le taux d’activité des femmes et d’accélérer les efforts pour améliorer le climat des affaires.

Une croissance de 4,4% pronostiquée pour 2017

Selon le FMI, la croissance de l’économie marocaine devrait ralentir pour se situer entre 1,5 et 2 %, en 2016, et ce, en raison d’une mauvaise campagne céréalière et de la relative faiblesse de l’activité non agricole. Le déficit des transactions extérieures courantes devrait, quant à lui, s’accentuer légèrement à 2,9% du PIB, à cause de la hausse des importations de biens d’équipement et de produits alimentaires, et de la baisse des prix du phosphate.

En ce qui concerne l’année 2017, la croissance devrait s’accélérer autour de 4,4%, du fait de la reprise agricole et d’une meilleure performance des activités non agricoles. A moyen terme, la croissance devrait se stabiliser autour de 4,5%, sur la base de la mise en œuvre des réformes en cours.

Il n’en reste pas moins que les risques liés à la croissance dans les pays avancés et émergents, aux prix mondiaux de l’énergie, aux tensions géopolitiques dans la région et à la volatilité sur les marchés financiers mondiaux demeurent importants. Au plan budgétaire, l’évolution jusqu’à fin septembre est en ligne avec l’objectif de déficit de 3,5% du PIB pour 2016. A moyen terme, les réformes visant à rendre le système fiscal plus efficient et plus équitable devront être accélérées, notamment en élargissant l’assiette fiscale et en luttant contre la fraude. Ces efforts permettraient de soutenir les investissements dans les infrastructures, la santé, l’éducation et la protection sociale, et de réduire la dette publique.

Le FMI invite les banques à faire attention aux risques encourus en Afrique

Par ailleurs, la mission du FMI a salué la récente réforme du régime de retraite du secteur public, ainsi que «l’amélioration des finances publiques» prévue dans le projet de Loi de finances 2017 avec un déficit de 3% du PIB. Malgré tout, la mission considère que la maîtrise des risques liés à la décentralisation budgétaire nécessitera une bonne gouvernance, ainsi que la transparence et la discipline budgétaire au niveau des collectivités territoriales.

Le FMI soutient également l’intention des autorités d’entamer une transition graduelle vers un régime de taux de change plus flexible et un cadre de ciblage d’inflation. Selon elle, un tel régime favoriserait l’intégration à l’économie mondiale, en même temps qu’il préserverait la compétitivité et renforcerait la capacité d’absorption des chocs extérieurs.

Pour ce qui est du secteur financier, la mission estime que celui-ci est bien capitalisé et que les risques pesant sur la stabilité financière demeurent limités. Ainsi, bien que les créances en souffrance aient augmenté, celles-ci restent bien provisionnées. Néanmoins, il faudrait réduire la concentration des crédits et accorder une attention particulière aux risques associés à l’expansion des banques marocaines en Afrique. Enfin, la mission continue de souscrire aux efforts du Royaume pour accroître l’accès au crédit, notamment au profit des petites et moyennes entreprises. De même qu’elle recommande l’adoption rapide des nouveaux statuts de Bank Al-Maghrib, afin de renforcer l’indépendance et le rôle de la Banque Centrale en matière de stabilité financière.