Le dirham s’apprécie face au dollar

Sur le premier semestre, le dirham s’est légèrement déprécié par rapport à  l’euro et fortement apprécié par rapport au billet vert. Environ 50% des importations sont facturées en dollar. Les réserves internationales nettes ont augmenté de 16,8% par rapport à  fin 2013

Dans son rapport sur la stabilité financière –le premier du genre– publié récemment, Bank Al-Maghrib, constatant que la monnaie nationale s’appréciait vis-à-vis de celles des principaux partenaires et concurrents du pays, s’inquiétait de ce que cette évolution pourrait handicaper la compétitivité-prix des exportations marocaines. La Banque centrale met cependant un bémol à cette inquiétude : l’appréciation du dirham par rapport au dollar (de 2,73%) devrait impacter positivement les réserves de change via la baisse de la facture pétrolière et plus généralement des importations facturées en dollars.

Il faut cependant préciser que ce constat concerne l’année 2013! Quid de 2014? Selon les statistiques de l’Institut d’émission, la parité du dirham reste toujours sur cette tendance, quoique de manière moins prononcée qu’en 2013. A 11,204 DH à fin juin 2014, le dirham a quasiment gardé la même parité qu’en janvier (11,207 DH) par rapport à l’euro. Par contre, en considérant les six premiers mois de l’année, il faut en moyenne 11,22 DH pour 1 euro, au lieu de 11,13 DH sur la même période de 2013. En glissement annuel, il y a donc une légère dépréciation de la devise nationale par rapport à la monnaie européenne. Ceci est évidemment positif pour les exportations libellées en euro, dont la part dans les exportations était de l’ordre de 48%, selon les dernières statistiques publiées à ce sujet.

Par rapport au dollar en revanche, le dirham poursuit son ascension. S’il s’est déprécié légèrement en juin (8,24 DH pour 1 dollar) par rapport à janvier 2014 (8,23 DH pour 1 dollar), sur le premier semestre de l’exercice, cependant, la devise nationale s’échangeait en moyenne à 8,18 DH pour 1dollar, au lieu de 8,46 DH sur la première moitié de 2013. C’est une forte appréciation, même si le différentiel d’inflation reste favorable au Maroc, qui, une fois de plus, est bénéfique pour les importations facturées en dollars, lesquelles représentent plus de 50% du total des importations. Connaissant en particulier le poids de la facture énergétique (un quart des importations totales), l’appréciation du dirham par rapport au billet vert est de nature à impacter positivement les réserves de change et, au-delà, le solde de la balance courante et même celui du Budget. A fin août 2014, les réserves internationales nettes ont en effet augmenté de 16,8%, à 175,5 milliards de DH par rapport à leur niveau de la fin de l’année 2013 (même si l’encaissement des emprunts du Trésor et de l’OCP y ont fortement contribué). Le déficit budgétaire, pour sa part, s’est établi à 32,2 milliards de DH à fin juillet au lieu de…41,6 milliards à la même période de 2013, selon les derniers chiffres de la Trésorerie générale.