Le développement du low-cost fait plonger l’activité charter

La redistribution des cartes n’a pas eu de conséquences négatives sur l’activité globale.
A fin octobre 2005, le nombre de passagers transportés était
en hausse de 13 % par rapport à la même période de 2004.
15 compagnies low-cost opèrent sur le Maroc.

Le transport aérien régulier et point à point prend le pas sur l’activité charter. Au cours des dix premiers mois de l’année, un peu plus de 7,7 millions de passagers ont pris un vol régulier ou point à point (entre villes secondaires, exemple : Oujda-Marseille) à destination ou en partance du Maroc contre 6,5 millions pour la même période de 2004, soit une augmentation de 17,7 %. En revanche, pour le charter, le volume est en recul de 13,7 % d’une période à l’autre, à près de 1,2 million de passagers.

Ces chiffres, que l’on pourrait interpréter comme un retournement de tendance pour le tourisme ou, du moins, comme un signal d’alarme, doivent être appréciés autrement. Tout compte fait, le trafic aérien global sur le Maroc (charters + réguliers) a augmenté de près d’un million de passagers sur la période étudiée, passant de 7,9 millions à 8,9 millions, et le recul du charter n’a pas une grande signification pour ce qui est des arrivées touristiques qui devraient, elles, croître de 15% cette année. Aujourd’hui, une quinzaine de compagnies low-cost opèrent au départ des marchés émetteurs (voir encadré), en partie grâce aux accords signés avec l’Etat qui s’engage à financer 50% de leur budget promotionnel, en plus d’une quarantaine de compagnies charters. Ces dernières qui représentaient, il y trois ans, plus de 50 % des arrivées, sont tombées en dessous de 30 %.

Par exemple, les dessertes charters sur Marrakech, première destination touristique du Royaume, ont reculé durant cette période de plus de 30 %, passant, en nombre de passagers, de 667 000 à fin octobre 2004 à 465 000 pour la même période de 2005. Mais le nombre d’arrivées n’a pas connu pour autant de repli puisque le gap a été largement compensé par les vols réguliers et low-cost. Les arrivées régulières à l’aéroport de la ville ocre sont passées de 1,4 million à 1,8 million. L’exemple de Fès est tout aussi significatif : le nombre de passagers charters a diminué de plus de 66 %, mais, en parallèle, on a assisté à une hausse du nombre de passagers du régulier de 16,68 %, à 183 000 arrivées.

Les accords signés avec les TO ont compensé la diminution des charters
Cela veut dire que l’ouverture du ciel marocain est bien enclenchée, même si, pour l’heure, l’aéroport Mohammed V de Casablanca concentre près de la moitié des arrivées, soit, pour la période étudiée de 2005, plus de 3,7 millions de passagers en vols réguliers, en hausse de 16,3 %. Dans le même temps, ses arrivées charters ont fait un saut de 71%, passant d’un peu plus de
50 000 passagers à près de 90 000. D’une manière générale, on remarque que les destinations où les vols charters ont reculé sont celles qui ont fait l’objet d’accords entre le gouvernement et les tour-opérateurs étrangers.
Cela dit, si les vols charters perdent du terrain par rapport aux lignes régulières, ils continuent d’être les principaux pourvoyeurs de touristes pour une destination comme Agadir, où le recul n’est que de 1 %, à 530 000 passagers

60 lignes nouvelles en trois ans
Nuremberg-Agadir, Stuttgart-Nador, Londres-Marrakech, Bruxelles-Tanger ou encore
Al-Hoceima-Amsterdam. En trois ans, les lignes point à point ont fleuri. Casablanca, Rabat et Marrakech n’ont plus le monopole des points d’entrée vers le Maroc. En tout, plus de soixante nouvelles lignes ont été ouvertes. En dehors de la RAM et des autres compagnies régulières (Air France, Iberia, British Airways…), une quinzaine de compagnies nouvelles ont pris pied au Maroc, la plupart se positionnant sur le créneau du low-cost, dont Atlas Blue. On citera à titre d’exemple Air Europa, Top Fly, TUI Belgium, RGL, Corsair, Aigle Azur ou encore Neo Spa et Hpag Lloyd.