Le développement agricole, pilier essentiel de la croissance

Sécurité alimentaire et préservation des ressources naturelles, des défis de taille à  relever. Le financement reste le principal talon d’Achille.

Casablanca a abrité, du 11 au 13 juin 2015, la 16 édition de la Conférence annuelle de Global Development Network (GDN). La manifestation a été organisée en partenariat  avec OCP Policy center, avec le support de la Banque mondiale et du Centre de recherche pour le développement international. Le thème de cette année, «L’agriculture pour un développement durable : défis et opportunités pour une nouvelle révolution verte», s’inscrit parfaitement dans la recherche de solutions pour nourrir les hommes tout en tenant compte des soucis de préservation des ressources naturelles. Pierre Jacquet, président de Global Development Network, l’a d’ailleurs rappelé à juste titre. «Dans les pays en développement, sur le continent africain en particulier, la proportion de la population rurale (près des deux tiers) et le poids de l’agriculture dans l’emploi confirment que le développement agricole est un pilier essentiel pour la croissance et la réduction de la pauvreté», a-t-il souligné.Durant les trois jours, chercheurs, officiels et représentants d’organismes internationaux ont échangé sur plusieurs sujets, notamment la sécurité alimentaire, les défis environnementaux et la gestion des ressources naturelles, la situation des petites exploitations et le financement. 

La résorption du déficit en infrastructures est une priorité

aika, directeur division des politiques macroéconomiques à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, a relevé, en marge des discussions, que «le problème du financement de l’agriculture en Afrique est étroitement lié à celui des infrastructures – routes, moyens de transport, de communication, électricité …- qui ont un impact direct sur la production et la commercialisation des produits agricoles. De ce fait, lorsque l’on observe le secteur de l’agriculture traditionnelle qui souffre d’un grave déficit en infrastructures et en services de base, on remarque que les risques de financement sont élevés, alors que le revenu est faible». Le résultat, selon lui, est que le financement du secteur de l’agriculture en Afrique est, lui aussi, très faible. Il revient alors aux gouvernements de s’atteler, en premier lieu, à améliorer les infrastructures et, par la suite, favoriser les investissements dans le domaine de l’eau et de l’irrigation, a-t-il expliqué en substance. Bref, la solution aux problèmes de l’agriculture ne peut être que globale. Basé à New Dehli (Inde), le GDN est une boîte à idées qui coopère avec onze partenaires régionaux, des organismes internationaux et des gouvernements donateurs et des instituts de recherche. Son objectif est de renforcer les capacités de recherche en sciences sociales dans les pays en développement. Son réseau réunit 12500 chercheurs.