Le deuxième contrat-programme pour le BTP reporté à  fin 2008

La Fédération du BTP souhaite d’abord effectuer quatre études de terrain.
La lutte contre la corruption, un des axes principaux du contrat-programme.

La Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) a finalement décidé de prendre son temps. «Nous ne prévoyons pas signer notre contrat-programme avec l’Etat avant la fin de l’année», indique Mustapha Miftah, son directeur délégué.
On attendait la précieuse entente pour mars, puis septembre, mais en vain. La FNBTP veut encore effectuer d’autres études de terrain avant de figer les clauses d’une nouvelle convention avec l’Etat. Début mai, des appels à consultation pour deux premières études, sur quatre de prévues, devaient être lancés. «La première portera sur l’évolution stratégique du secteur», explique M. Miftah. On se rappelle que lors de la préparation du premier contrat-programme qui avait couvert la période 2004-2007, l’afflux d’entreprises étrangères dans le BTP n’avait pas été anticipé par la fédération, qui ne souhaite pas reproduire l’erreur.

«La seconde étude vise à définir la perception de l’action de la fédération par ses membres», poursuit M. Miftah. Les deux dernières seront entamées au cours des prochaines semaines. L’une qui sera réalisée en collaboration avec l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) porte sur les besoins du secteur en termes de formation. L’autre est relative aux attentes des maîtres d’ouvrage publics vis-à-vis des entreprises et de l’Etat.

Un meilleur encadrement pour l’attribution des marchés

La FNBTP veut aussi s’attaquer à la mauvaise image que le secteur continue à dégager, malgré les nombreux efforts qui ont été déployés depuis les dernières années. «On associe encore beaucoup le BTP à la corruption, à la nuisance, au «noir», au bruit, aux trous sur la chaussée, etc. C’est le secteur que l’on tient responsable de tous les risques», déplore M. Miftah. Pour remédier à la situation, un premier pas sera franchi lors du prochain Salon BTP Expo & Forum du BTP, qui se tiendra du 21 au 24 mai, à l’Office des changes de Casablanca. «Nous allons proposer aux ordres professionnels et à l’Etat de signer avec nous un pacte d’intégrité», explique le directeur délégué.

Ce pacte, inspiré de ceux que signent les organisations internationales comme Transparency International, la Banque Mondiale ou l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), engage les parties à respecter les bonnes pratiques de gouvernance, entre autres la prévention de la corruption, la concurrence loyale, la gestion des ressources humaines, le développement durable, l’éthique et la qualité.

Cet engagement est moral, mais peut être invoqué lors de désaccords autour d’articles de loi trop flous, par exemple. «Lors de l’attribution des marchés, c’est un engagement qui sera évidemment capital pour les autorités comme pour le maître d’ouvrage», commente Mustapha Miftah. Il promet par ailleurs qu’il ne s’agira pas que de beaux discours. «Le pacte peut être invoqué par n’importe quel intervenant qui s’estime lésé.

De plus, cette ‘‘charte’’ va servir de chapeau à une série de mesures beaucoup plus concrètes» , assure-t-il. Une liste des étapes charnières où le risque de corruption est plus élevé, depuis l’attribution jusqu’à la liquidation des marchés, devrait notamment être dressée.

La fédération jauge l’engagement du secteur par rapport au contrat- programme

La fédération se servira aussi du Salon BTP Expo & Forum du BTP pour tâter le pouls du secteur, et affiner ses ambitions par rapport au contrat-programme. Depuis les derniers mois, plusieurs entreprises ont fait appel au centre des nouvelles technologies mis sur pied par le ministère du commerce et de l’industrie, l’Union européenne et l’Apebi, afin de diagnostiquer leur relation avec les technologies de l’information et de la communication (TIC). «Les premiers résultats seront rendus lors du forum», affirme M. Miftah.

Une importante partie de la rencontre sera consacrée à la santé financière des entreprises: ouverture du capital, fusion et acquisition et entrée en Bourse seront au menu. En attendant, les cellules chargées de travailler sur la réforme du système de classification et de qualification des entreprises, puis sur l’élaboration de la version revue et corrigée du cahier des clauses administratives générales de travaux poursuivent leur travail. Enfin, le projet de création d’un centre de formation du BTP à Settat, en collaboration avec l’OFPPT, devrait faire l’objet d’un appel d’offres dès la semaine prochaine .