Le déficit du Trésor entièrement financé sur le marché domestique

Le Trésor a emprunté 12,5 milliards de DH nets sur le marché domestique au terme des cinq premiers mois de 2017. Sa dette intérieure s’est renchérie d’autant. Le financement extérieur a, lui, été négatif de 2,5 milliards de DH.

Pour couvrir son besoin de financement, qui s’élève à 15 milliards de DH à fin mai 2017, le Trésor a dû recourir à l’adjudication de ses bons pour un montant net de 12,5 milliards de DH. Et à une ponction sur ses dépôts de près de 4 milliards. C’est ainsi que la dette intérieure du Trésor a augmenté de 2,7% (ou 12,5 milliards deDH) par rapport à son niveau de fin 2016, pour s’établir à 505,6 milliards de DH, au terme des cinq premiers mois de 2017, selon les statistiques de la Trésorerie générale du Royaume (TGR).

Le besoin de financement du Trésor résulte d’un déficit budgétaire de 7,46 milliards de DH et des arriérés de paiement de 7,53 milliards de DH.

Ainsi, en recourant principalement au système des adjudications, le financement extérieur du Trésor a été négatif de 2,5 milliards de DH, résultat du remboursement du principal de la dette extérieure pour 3,4milliards deDH et des tirages (emprunts) pour 952 MDH, dont 597 MDH effectués auprès de la BAD et 248 MDH auprès de la BIRD.

Suivant ces statistiques (mais dont on sait qu’elles sont retraitées par la suite par la Direction du Trésor et des finances extérieures), la dette extérieure du Trésor n’aurait donc pas augmenté par rapport à son niveau de fin d’année 2016. Rappelant à cet effet que la dette extérieure du Trésor au titre de 2016 s’élevait à 142,8 milliards deDH, légèrement en hausse (+1,4%) par rapport à 2015, mais quasiment en stagnation par rapport au PIB (14,1% au lieu de 14,3% en 2015).

Si le solde budgétaire paraît évoluer favorablement pour l’instant, la question est de savoir cependant si la situation des échanges extérieurs, caractérisée par une aggravation du déficit commercial et, au bout, une baisse des réserves internationales, ne poussera pas dans les mois qui viennent à recourir au financement extérieur pour limiter le déficit courant. D’autant que la réforme du régime de change, dans le sens de sa flexibilisation, sera lancée dans quelques jours et que dans ce contexte il est bon que les réserves de change soient conséquentes. Celles-ci, on le sait, ont chuté ces derniers mois, revenant de 251 milliards de DH à fin 2016 à quelque 232 milliards à fin avril 2017. Il faut espérer que le déficit commercial, en particulier, ne s’aggrave pas trop sur le second semestre de l’année.