Le Crédit agricole réserve 20 milliards de DH au plan Maroc Vert

Une enveloppe de 900 MDH est destinée au financement de l’achat de semences
14 milliards de DH iront aux 10% d’exploitations bancables
4 milliards aux moyennes exploitations qui ne le sont pas, et un milliard dédié au micro-crédit.

Le groupe Crédit agricole du Maroc (CAM) a choisi de lancer tout de suite son plan d’accompagnement du plan «Maroc Vert» dont l’objectif est de porter le PIB agricole de 70 à 100 milliards de DH en cinq ans.

Il a dégagé une enveloppe de 20 milliards de DH sur 5 ans pour soutenir les investissements. Ce guichet est ouvert à toutes les exploitations, éligibles ou non aux formules habituelles de crédit bancaire.

Pourquoi cette hâte ? Tariq Sijilmassi, président du directoire de CAM, s’en explique : «Avec les pluies que vient de connaître le pays, il nous a paru nécessaire de permettre aux agriculteurs de tirer le maximum de cette campagne qui s’annonce très prometteuse.

Le plan est ficelé, autant le lancer au moment où il peut avoir un effet sur cette campagne». Parmi les mesures mises en application, le financement des semences céréalières à hauteur de 900 MDH. Un accord a été signé dans ce sens avec la Société nationale de commercialisation des semences (Sonacos) qui a réuni cette année 1,2 million de tonnes.

L’essentiel de l’enveloppe dégagée (20 milliards de DH) sera cependant utilisé pour des actions moins ponctuelles. C’est ainsi que 14 milliards seront utilisés par CAM, agissant en tant que banque, pour financer les 10% d’exploitations marocaines éligibles au financement bancaire.

La fondation Ardi table sur 227 000 clients actifs en 2013

La Société de financement pour le développement agricole (SFDA), qui vient d’être créée, reçoit 4 milliards de DH destinés aux 50% de petites et moyennes exploitations agricoles ne répondant pas aux normes bancaires.

Le milliard restant sera utilisé par la fondation Ardi, filiale dédiée au micro-crédit, qui recrute sa clientèle parmi les 40% de micro-exploitations agricoles s’appuyant essentiellement sur les activités para ou extra-agricoles et qui ne répondent pas non plus aux critères pour bénéficier d’un crédit bancaire.

Notons qu’Ardi table sur 227 000 clients actifs en 2013, c’est-à-dire à la fin du plan, contre 118 000 en 2009.
La SFDA, pour sa part, estime qu’entre 2009 et 2013, le potentiel de clients actifs passera de 10 000 à 104 000.

Pour ce qui est de la garantie bancaire, qui constitue souvent la pierre d’achoppement entre banquier et client et qui pourrait faire défaut pour les projets concernant 25% de l’enveloppe engagée, M. Sijilmassi explique : «Le crédit doit être consenti à celui qui est en mesure de le rembourser.

L’hypothèque, bien souvent, est loin d’être une garantie dans le sens large du terme. La santé d’une activité, en revanche, est le vrai gage auquel doit se fier un banquier».