Le coup de gueule des marins pêcheurs

Le syndicat des officiers et marins de la pêche hauturière se dit écarté des discussions par le ministère de tutelle
Il dénonce le chômage technique dû au système des quotas transférables.

Au moment où le ministère des pêches et les opérateurs discutent le prochain plan d’aménagement de la pêche au poulpe, les marins de la hauturière entrent dans la danse pour tenter de faire entendre leur voix. Situation financière et économique déplorable, manque de visibilité, perte de postes de travail à cause du système des quotas et des arrêts biologiques récurrents.

Ce sont quelques uns des problèmes soulevés par le Syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière lors d’un point de presse tenu le 29 mai. «Les marins sont les premiers à faire les frais de la politique menée par le département des pêches», explique d’emblée Abderrahmane ElYazidi, secrétaire général du syndicat. «A chaque sortie médiatique et dans les préambules de chaque plan d’aménagement, les responsables du ministère mettent en avant le concept de pêche responsable sur lequel insiste la FAO.

Un concept qui reste creux tant que ses principes ne sont pas appliqués sur le terrain», ajoute M. ElYazidi. «La FAO définit ce concept par trois éléments importants : le respect de l’aspect biologique, technologique, économique, social et environnemental du secteur, la mise en place d’un cadre institutionnel et juridique adéquat et l’implication de tous les acteurs du secteur dans l’élaboration des différentes politiques régissant l’activité de pêche.

Dans notre pays, aucun des trois critères n’est respecté», souligne le secrétaire général du syndicat. Les responsables du syndicat sont par la suite revenus sur le dernier plan d’aménagement de la pêche au poulpe arrivé à expiration en avril dernier. Différentes mesures contenues dans ce plan ont été critiquées et leur impact sur la situation socioéconomique des marins pêcheurs a été dénoncé.

Ainsi, le quota individuel transférable entre les navires sans observateur scientifique à bord a eu pour conséquence directe la mise à l’arrêt de plusieurs bateaux, donc travail et la mise au chômage de centaines de marins. A cela s’ajoute la catastrophe écologique que constitue la multiplication des rejets de poulpe en mer, devenu très courant. Les dispositions non respectées de ce plan d’aménagement ont également été mises à nu, toujours selon le syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière, la fraude et la pêche illégale au poulpe.

L’Office national des pêches en a été tenu pour responsable. Autre grief retenu contre le département de tutelle, «la mise à l’écart systématique du syndicat à l’occasion de chaque réunion ou rencontre professionnelle ». Le syndicat cite pour exemple la réunion du 16 mai dernier, au siège du ministère, qui a réuni les représentants des différentes associations professionnelles autour d’un nouveau plan d’aménagement poulpier et à laquelle il n’a pas été convié.