« Le continent africain est stratégique pour notre plan CAP 2030 »

Le projet Noor Midelt, une première mondiale pour EDF Renouvelables. Une cinquantaine de projets actifs en Afrique et un gros projet urbain à Fès. La recherche de start-up et de produits innovants continue.

Le Groupe EDF multiplie les investissements au Maroc et en Afrique, avec la réalisation des objectifs de sa stratégie CAP 2030 comme créneau. Il vise à porter la capacité renouvelable installée à 50 GW dans le monde. Au Maroc, EDF a remporté la 1ère phase du projet Noor Midelt (800 MW), qui représente une première mondiale en termes de technologies combinées. Mario Bernardo, directeur EDF Afrique du Nord, Méditerranée Orientale et des IPP sur la Zone Afrique et Moyen-Orient, se livre sur les engagements du groupe dans le continent et détaille la participation de EDF Renouvelables dans ce projet.

Que représente pour vous le projet Noor Midelt I ?
Le projet de Noor Midelt est une première mondiale sur le plan technologique. Il combine à la fois la production d’énergie solaire concentrée (CSP) et le solaire photovoltaïque. Ainsi, la centrale pourra produire de l’électricité jusqu’à 5 heures après le coucher du soleil. Nous sommes ravis de pouvoir participer à ce projet passionnant et innovant. Ce projet solaire hybride, d’une capacité installée de 800 MW, est porté par notre filiale EDF Renouvelables.

Que va-t-elle assurer ?
Nous allons intervenir sur la première phase du complexe solaire avec nos partenaires du consortium que sont Masdar (société d’énergies nouvelles de l’émirat d’Abou Dabi) et Green of Africa (développeur d’énergies renouvelables marocain) pour la conception, la construction et l’exploitation-maintenance. Le projet Noor Midelt illustre la force de l’engagement du Maroc, déployée avec succès par MASEN, en faveur des énergies renouvelables. Vous n’êtes pas sans savoir que d’ici 2030, 52% de l’électricité du pays devrait être produite à partir des sources renouvelables.

Quels développements visez-vous à moyen et long termes en Afrique ?
Installé en Afrique depuis 50 ans, le groupe est aujourd’hui présent dans tous les principaux métiers de l’énergie : production d’électricité à partir de sources renouvelables – solaire, éolien, hydraulique – modernisation des réseaux de transport et de distribution d’électricité, services d’ingénierie et d’efficacité énergétique ainsi que les kits solaires Off-Grid. Nous mettons tous ces leviers au service d’un seul objectif : accompagner les pays africains leurs défis énergétiques avec de l’énergie à la fois sans CO2 et à prix compétitif.
Le continent africain est hautement stratégique pour l’atteinte de deux objectifs-clés de notre stratégie CAP 2030, qui vise à doubler notre puissance renouvelable installée pour atteindre 50 GW dans le monde et tripler nos activités hors d’Europe. Actuellement, nous avons en Afrique une cinquantaine de projets actifs, que nous développons avec des partenaires locaux. Parmi les projets les plus avancés nous comptons le partenariat public-privé avec le gouvernement du Cameroun, engagé dans la réalisation de la centrale hydraulique de Nachtigal qui fournira à elle seule un tiers de l’électricité du pays.

Et au Maroc ?
Au Maroc, EDF, via notre filiale Citelum, est membre d’un consortium qui a été sélectionné pour la rénovation, l’extension, la maintenance, et l’exploitation du réseau de l’éclairage public intelligent et le développement de solutions de Smart City à Fès. L’éclairage – environ 68 000 points lumineux – les carrefours à feux, les décorations lumineuses, les mises en lumière de monuments et les nouveaux services connectés (bornes de recharge de véhicules électriques, capteurs de qualité de l’air, bornes Wi-Fi) seront référencés et gérés via MUSE, l’outil digital de gestion de l’espace urbain. Ce système de gestion intelligent – MUSE – permettra à la ville de réduire de 60% sa consommation énergétique liée à l’éclairage et d’avoir un taux de disponibilité de 97%. EDF suit avec attention les perspectives d’évolution du cadre réglementaire et des politiques énergétiques marocaines qui devraient ouvrir de nouvelles perspectives dans les domaines de l’efficacité énergétique et de la production indépendante aussi bien dans le tertiaire et que dans l’industrie ainsi que dans les villes. Autant de champ d’actions dans lesquels EDF fait référence.

Vous investissez dans l’innovation à travers EDF Pulse Africa. Quel est votre retour sur investissement ?
L’objectif premier d’EDF Pulse Africa, qui en est à sa 3e édition, est d’identifier les pépites technologiques d’Afrique et de les aider à passer du stade de projet à celui de déploiement commercial grâce à un programme complet d’accompagnement. Aujourd’hui, les solutions les plus adaptées et les plus efficaces pour relever les défis énergétiques de l’Afrique se conçoivent sur le terrain. C’est pour cela que nous croyons en l’entreprenariat africain et le soutenons à travers cette initiative. Avec EDF Pulse Africa, nous ne sommes pas dans une logique de retour sur investissement immédiat, mais nous souhaitons élargir le vivier de futurs partenaires en Afrique. Cette logique partenariale peut aller jusqu’à la prise de participations par EDF dans des start-up et PME africaines. D’ailleurs, EDF a déjà investi dans des entreprises sur le continent, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana ou encore au Kenya en dehors du concours EDF Pulse Africa. Cette logique partenariale est donc déjà éprouvée. Faire mûrir des projets, cela nécessite du temps et un accompagnement à 360°. Aussi, notre soutien comprend, par exemple, du conseil opérationnel et financier, des partenariats de développement de projets avec des acteurs locaux tel que «Energy Generation» ou encore des incubateurs africains. Nos experts du groupe EDF sont également associés à cette démarche, notamment à la R&D grâce à un accès à l’écosystème d’innovation d’EDF.

Des pépites ont-elles été découvertes depuis la 1ère édition ?
Dans notre première cohorte de lauréats du prix Pulse, nous avons découvert la start-up ivoirienne Lono qui fait des biodigesteurs familiaux pour de la cuisson. C’est une technologie qui répond à l’une des problématiques importantes du continent, et que nous continuons de suivre de très près. Je suis persuadé que l’économie du Bas Carbone est une formidable opportunité de croissance et de développement pour les pays africains. Nous avons lancé le programme EDF Pulse Africa car nous souhaitons nouer des partenariats avec le continent africain, pas uniquement en tant que fournisseur des solutions énergétiques à faible émission de CO2 mais aussi en tant que catalyseur de solutions nouvelles et locales.