Le Conseil de la CMR insiste sur une retraite à  65 ans

Il vient de recommander à  l’Etat une réforme paramétrique à  appliquer d’urgence. La révision du salaire de référence servant de base au calcul des pensions et l’augmentation du taux de cotisation sont les deux autres mesures à  appliquer.

Deuxième tentative du Conseil d’administration de la Caisse marocaine des retraites de maintenir les équilibres financiers de l’établissement public qui gère les retraites des fonctionnaires civils et militaires. Réuni le 27 juin, il a encore une fois recommandé la mise en place d’une réforme paramétrique du régime des pensions civiles pour éviter une faillite certaine du régime à moyen terme. Déjà en mai 2010, le conseil d’administration avait fait des recommandations de réforme mais l’Etat, tutelle de l’organe, n’avait pas réagi en raison de réticences des syndicats. Pour ces derniers, l’introduction des réajustements paramétriques devrait intervenir dans le cadre du projet de réforme générale des régimes de retraites. Or cette réforme est actuellement en stand-by. Que contient le scénario proposé par le CA de la CMR ? Il s’agit de la combinaison des trois mesures suivantes : le relèvement de l’âge de la retraite, la révision du salaire de référence servant de base au calcul des pensions et l’augmentation du taux de cotisation. Le conseil a recommandé que ces mesures soient appliquées progressivement pour être supportables. Ainsi, le relèvement de 5 ans de l’âge de départ à la retraite se ferait de manière progressive à compter du 1er janvier 2012 sur un horizon de 10 années, c’est-à-dire jusqu’à 2021. Soit un allongement de l’âge de départ de 6 mois chaque année.

Objectif : repousser le déficit de 9 ans

Sur le deuxième point, le projet de 2010 prévoyait une révision en une seule fois du salaire de référence en prenant compte la moyenne des salaires des huit dernières années dès la réforme. Le conseil du 27 juin a proposé d’étaler cette révision jusqu’en 2018. En 2012, il sera pris en considération la moyenne des deux dernières années, puis un an pour chaque année. Enfin, en dernier lieu, la hausse du taux de cotisation augmenterait de 6 points sur trois ans pour passer de 20% à 22% en 2012, puis 24% en 2013 et 26% en 2014. L’effet de ces trois mesures se traduira par une réduction de 57% de l’engagement net non couvert jusqu’en 2060. Concrètement, elles permettront de reporter de 9 années l’apparition des déficits.  L’étude actuarielle du régime révèle que les prochaines années seront difficiles. Dès 2012, il souffrira d’un premier déficit technique et il faudra, pour couvrir les prestations de retraite, recourir aux produits financiers. Le solde global sera alors de 63,3 milliards de DH pour des réserves constituées de l’ordre de 65,3 milliards de DH en 2011. L’étude montre que dès 2014 les prestations dépasseront les ressources du régime et l’épuisement des réserves interviendra en 2019, date à laquelle, si rien n’est fait, la CMR sera tout bonnement en faillite…