Le complexe pour retraités, Morocco Riviera, s’attend à  accueillir 270 000 clients

3 600 villas, 40 000 appartements, 12 golfs, 15 hôtels, un hôpital, 3 maisons de retraite médicalisées… Le projet est porté par Libre Capital LTD, une société basée en Suisse. Il nécessitera un investissement global estimé à  60 milliards de DH. 40 000 emplois directs et indirects à  créer.

I l y a quelques mois, le groupe seychellois basé en Suisse, Libra Capial Ltd (LCL), avait dévoilé les premiers contours de son méga projet touristique pour une population très spéciale : les retraités dits séniors. Morocco Riviera, tel est son nom, consiste en une ville tout entière construite sur près de 3 850 hectares destinés à recevoir des retraités pour un long séjour où ils pourront être pris en charge médicalement dans un cadre confortable et tout en s’adonnant à leurs loisirs. Depuis l’annonce du projet, il y a 8 mois environ, le groupe a eu le temps de préciser encore plus son concept. Aujourd’hui, on sait par exemple que pour l’offre médicale, il sera fait appel à la compagnie française de gestion médicale «AOC insurance» et au gestionnaire de maisons de retraite suisse «Hippocampe» pour garantir à la fois un service médical de proximité et la gestion des risques graves à travers des conventions avec des unités médicales pointues des Iles Canaries (20 mn en hélicoptère sanitaire). Quant à l’hôpital qui sera construit sur le site même, «il sera financé par le fonds et sera remis à l’administration publique marocaine pour la protection de la santé de la population locale», souligne Rachid Laaouimir qui pilote le projet pour le compte de Libra Capital. En plus de cet hôpital, le site abritera aussi trois maisons de retraite médicalisées de 90 chambres pour retraités séniors, un centre de thalassothérapie et une clinique esthétique.

Mais c’est incontestablement l’aspect social et le label écologique qui donnent au projet son caractère novateur. Ainsi, une zone de vie sera, en effet, construite pour les employés. Elle sera autofinancée par la location des appartements aux entreprises présentes sur le projet qui vont y loger leurs employés et ouvriers.
Ces appartements seront amortis après 7 ans d’occupation. Une fois qu’ils seront libérés, Libra Capital Ltd compte les offrir aux meilleurs employés de services de proximité (femmes de ménage, jardiniers, chauffeurs…). Ce personnel ne pouvant pas avoir accès à la propriété, en raison de son faible pouvoir d’achat, aura, par ses notes annuelles, accès à un appartement. Les séniors, de leur côté, auront la garantie d’un personnel fidélisé et de qualité. De plus, la création d’une université financée par un fonds pour les jeunes de la région assurera une formation qualitative de proximité. Chaque retraité pourra, en outre, en contrepartie de coupons de services à domicile (ménage, cuisine et jardinage), prendre en charge le suivi et la formation d’un jeune de la communauté locale.

Pour les loisirs, 12 golfs de 18 trous seront aménagés. Et, compte tenu de la pénurie en eau croissante dans le monde, ils seront alimentés grâce à la désalinisation de l’eau de mer.

La marina sera, pour sa part, construite par les américains d’IGY Moujan Marina qui s’engagent à ce qu’elle «soit le point d’amarrage de méga yachts durant l’hivernage outre les bateaux domestiques qui seront toujours présents», ajoute M. Laaouimir.

Le projet comprend également une zone industrielle de label écologique tissant des liens économiques avec les autres pays limitrophes (Mauritanie, Sénégal…). Elle s’étendra sur 200 ha à céder selon la formule du bail emphytéotique.

Déjà 14 sociétés ont répondu à cette offre, soit un total de 6 550 emplois. En agissant de la sorte, LCL se dote d’un outil de croissance et d’excellence pour son site. Et pour que le projet soit respectueux de l’environnement, «une charte sera élaborée en collaboration avec les autorités locales et administrations partenaires», précise Rachid Laaouimir. Les promoteurs prévoient, sur une zone de 200 hectares, de construire des hôtels de 3, 4 et 5* d’une capacité de 3 000 lits.

«Les Iles Canaries avec une superficie de 7 447 km2 accueillent 14 millions de touristes par an alors que le Maroc sur 443 000 km2 en reçoit 9,8 millions. L’offre hôtelière de notre projet a aussi pour ambition de répondre aux attentes de développement des opérateurs hôteliers des Iles Canaries», explique Rachid Laaouimir, président du projet.
Quant au lieu d’implantation, les promoteurs ont opté pour une plage de 8 km de long entre Tan Tan et Guelmim. Pour l’heure, l’assiette foncière, à savoir les 3 850 ha, est toujours en cours d’acquisition. Le début des travaux est programmé pour 2014. Ils devraient durer 15 ans, mais les premières livraisons sont prévues dès 2015.

LCL tente ainsi de relever le défi de concrétiser sur ce site un projet d’envergure intégrant des exigences sociales, économiques et environnementales. L’objectif est d’attirer 270 000 séniors et de créer 40 000 emplois directs et indirects.

L’investissement total est estimé à 5,7 milliards d’euros, soit environ 63 milliards de DH. Le financement sera assuré par des fonds d’Abu Dhabi et du Sultanat d’Oman qui, «de par leurs positions conservatrices, n’ont pas été affectés par la crise, contrairement à leurs principaux concurrents sur ce segment, l’Espagne et le Portugal», commente Rachid Laaouimir. 170 millions d’euros seront débloqués dès cette année.