Le commerce intra-africain, pilier des stratégies de développement

Le développement du commerce intra-maghrébin permettrait une plus grande création de richesses. Une fois la Zone de libre-échange continentale créée, le commerce entre les pays d’Afrique croîtrait de plus de 52% d’ici 2022.

Faire la lumière sur l’ensemble des efforts visant une accélération du commerce entre les pays d’Afrique du Nord et le reste du continent. C’était l’objectif du forum organisé du 27 au 31 octobre, à Rabat, à l’initiative du Bureau de l’Afrique du Nord de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sous le thème «L’Afrique du Nord et les Accords continentaux de libre-échange». Selon Habib Ben Yahia, Secrétaire général de l’UMA, «il est indéniable que l’intégration maghrébine dans tous ses aspects, économique, social ou sécuritaire, demeure le moyen incontournable pour permettre une accélération de la croissance, la création d’emplois et la lutte contre les affres du sous-développement et de l’instabilité chronique». Malheureusement, les pays du Maghreb n’ont, jusqu’à présent, pas saisi cette opportunité. En effet, le commerce intra-maghrébin représente à peine 3% du commerce extérieur des pays de la région. Il en résulte que la région du Maghreb est la moins intégrée d’Afrique, alors qu’elle est dotée de tous les éléments (pétrole, gaz, minerais, agriculture, ressources humaines, identité culturelle commune) pour être intégrée au monde.

Ce forum est tenu dans un contexte marqué par le 20e anniversaire de l’entrée en vigueur des Accords de Marrakech qui ont mené à la création de l’OMC et le lancement, en juin dernier, des négociations pour la mise en place de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) prévue pour 2017. Cette initiative devrait donner naissance à un marché commun fort de plus d’un milliard de consommateurs (et dont le PIB s’élevait à 3 000 milliards de dollars en 2014). D’après les études de la CEA, le commerce transfrontalier pourrait plus que doubler la part du commerce intra-africain au cours des dix prochaines années. Ces échanges devraient croître de plus de 52% (35 milliards de dollars) d’ici 2022.

Zakia El Midaoui, directeur de la Coopération multilatérale et des affaires économiques internationales au ministère des affaires étrangères et de la coopération, estime, pour sa part, que «le Maroc est conscient de l’importance du commerce intra-africain en tant que pilier des stratégies de développement et comme moteur de la croissance économique…». C’est dans cette logique, dit-elle, «que s’est inscrite la politique commerciale du Maroc à l’égard des autres pays africains». Et de constater qu’en dépit des nombreuses contraintes, liées principalement au coût élevé du transport et de la logistique, les échanges commerciaux entre le Royaume et un grand nombre de pays africains ont été multipliés par cinq en dix ans. Et le potentiel de développement de ces échanges est loin d’être épuisé.