Le CMI revoit sa stratégie d’équipement des commerçants en TPE

Si le nombre de TPE au Maroc est en constante progression, près d’un tiers est considéré comme inactif. Le CMI a lancé une campagne d’optimisation pour réactiver ou récupérer les TPE non utilisés.

Tout comme le nombre de transactions réalisées à partir des cartes bancaires, qui a enregistré une progression de 7,7% sur le premier semestre, le nombre de commerçants équipés en terminaux de paiement électroniques (TPE) ne cesse de croître. A fin juillet, le Centre monétique interbancaire (CMI) recense plus de 35 000 commerçants équipés en 38 000 TPE, contre un peu plus de 28 000 commerçants mi-2013. Cependant, seulement 26 000 TPE sont considérés comme actifs. «Il ne s’agit pas nécessairement d’un nombre d’opérations à atteindre pour identifier un TPE comme actif mais de montant mensuel ou annuel à atteindre. Par exemple, pour un commerce de type prêt-à-porter, équipé d’un TPE basique, avec un taux de commission de 3% et une part des cartes étrangères limitée à 20%, le volume minimum mensuel à réaliser pour que l’activité soit rentable pour nous est de 20 000 DH. Dans le cas d’une station-service, on peut dire que le TPE n’est rentable que s’il enregistre 500 000 DH de paiement», nous explique ainsi Ismaïl Bellali, DG adjoint du CMI.

La gratuité sera abandonnée mais pas pour tout de suite

Conscients du nombre élevé de terminaux non actifs, le CMI a lancé une campagne d’optimisation afin d’activer ou de récupérer les TPE mal utilisés. «Environ 2 000 TPE ont déjà été récupérés et la campagne continue car ce sont quelque 10 000 TPE qui doivent soit être mieux utilisés par les commerçants chez qui ils sont installés, soit être récupérés», précise M. Bellali. En parallèle, le centre a décidé de recentrer sa stratégie. «Entre 2012 et 2014, nous avions axé nos efforts sur l’affiliation massive de commerçants. A partir de cette année, l’extension du réseau des commerçants affiliés se fait plus sélective, seuls les commerçants qui présentent un réel potentiel de recevoir des paiements par carte bancaire sont affiliés», annonce le DGA.

Jusqu’à aujourd’hui, un commerçant souhaitant s’équiper en TPE n’avait aucun frais à débourser à l’achat, sauf s’il opte pour un terminal plus performant ou s’il souhaite des services additionnels. Dans ce cas, le commerçant assume le coût de ces services à valeur ajoutée. «La gratuité de l’équipement TPE ne sera pas garantie éternellement. Nous nous dirigeons vers la prise en charge par le commerçant de son TPE via une formule de location ou par l’achat du TPE directement auprès des fournisseurs agréés», confie M. Bellali. Néanmoins, si la réflexion est d’ores et déjà enclenchée, le CMI affirme que l’abandon de la gratuité n’est pas pour tout de suite. «Nous sommes conscients que nous devons atteindre un réseau supérieur à 50 000 commerçants équipés et actifs pour prétendre que le marché est convenablement équipé. Nous voulons, par conséquent, éviter que le prix du TPE soit un frein à l’affiliation de nouveaux commerçants», poursuit le DGA du CMI.