Le CIH enregistre son premier bénéfice depuis sept ans

La situation de la banque reste très fragile

Les créances sur les établissements publics sont encore sous-provisionnées de 260 MDH.

En optant pour le nettoyage quasi total de son actif au cours de l’année 2003 au lieu de le poursuivre à petites doses jusqu’en 2007, le CIH est finalement parvenu à dégager un bénéfice de 80,4 MDH au titre de l’exercice écoulé. Ce résultat est inférieur de 20 MDH aux prévisions du management, mais là n’est pas l’essentiel car il s’agit avant tout de voir la qualité du rebond. Et sur ce registre, il apparaît que la banque a seulement quitté l’enfer pour le purgatoire. Ainsi, si le produit net bancaire (PNB), véritable indicateur de la marge opérationnelle d’une banque, progresse de 16,3 % à 902,51 MDH, ce n’est qu’à la faveur d’une baisse des charges d’exploitation bancaires. Celles-ci reculent de 124,2 MDH corrélativement au remboursement progressif de la dette onéreuse.

Les provisions nettes absorbent la moitié du PNB
Quant au résultat brut d’exploitation (RBE), il progresse de 59 % à 346,9 MDH. Une évolution louable, mais qui s’explique moins par la maîtrise des frais généraux, qui glissent de 3,7% à 439,3 MDH, que par une hausse ponctuelle des produits d’exploitation non bancaires qui ont plus que doublé, s’établissant à 64,31 MDH. Cette hausse peut s’expliquer par la cession de certaines participations à la CDG, pour des fins de restructuration, à l’instar des 0,32 % de la Caisse marocaine des marchés, des 25 % du capital de SIDET, propriétaire des murs des hôtels Atlas ou encore des 8 % détenus dans le CMKD.
Mais c’est au niveau du provisionnement que l’évolution de la banque est la plus attendue. Car depuis cinq ans, c’est ce qui engloutit les efforts de redressement. Et alors qu’on s’attendait à une franche détente du coût du risque au CIH, après un exercice 2003 censé avoir supporté, une fois pour toutes, les séquelles du passé, le résultat est des plus mitigés. Les dotations aux provisions pour créances en souffrance nettes des reprises et les pertes sur créances irrécouvrables absorbent plus que 50 % du PNB. C’est que, malgré les reprises très importantes, la banque supporte toujours des provisions conséquentes au vu d’un sous-provisionnement qui, même en grande partie surmonté, demeure encore manifeste. Le rapport du commissaire aux comptes le prouve. Il relève qu’à fin 2004, les créances sur les établissements publics, malgré le protocole de règlement de la dette colossale en souffrance de plusieurs ERAC, sont encore sous-provisionnées de 260 MDH. Autant dire que le résultat net positif de 80,04 MDH, déjà redevable pour sa formation à des produits non courants, qui totalisent 108,15 MDH, n’augure en rien, pour l’instant du moins, d’un redressement durable.