Le CIH ajourne un investissement informatique de 450 MDH

Il avait été envisagé par les prédécesseurs du nouveau président et commandé à  l’éditeur américain de logiciels Oracle.
La solution proposée est jugée surdimensionnée par rapport aux besoins de la banque.

Trois mois après être nommé à la tête du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), Ahmed Rahhou, le Pdg de la filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), a pris une décision stratégique majeure. Il vient de stopper net un investissement au coût estimatif de près de 450 MDH destiné à la refonte du système d’information (SI) de la banque.
Les principaux perdants dans la volte-face du CIH sont Oracle, éditeur américain d’entreprise ressources solutions (ERP), ainsi que ses intégrateurs agréés au Maroc. L’américain était ainsi à deux doigts de placer, pour la première fois au Maghreb, sa solution Oracle flexcuble universal banking (OFAUB). Il faut dire que le monde bancaire demeure un bastion assez difficile pour les éditeurs d’ERP et ce, du fait de la complexité et l’extrême diversité des «métiers» adressés par une banque, notamment universelle. D’ailleurs, toutes les banques marocaines possèdent un système d’information dit «spaghetti» où plusieurs solutions, qu’elles soient spécifiques (développées en interne) ou universelles (vendues sous licence d’éditeurs), cohabitent et répondent chacune à un métier ou une brique à part (monétique, crédit, reporting réglementaire, finances, titres…).
Grâce à l’acquisition, en 2005, de l’indien I-Flex, Oracle a pu faire une certaine percée dans le monde bancaire avec une série baptisée Oracle financial services software mais son taux de pénétration de ce secteur au niveau mondial demeure encore assez faible.
Selon des sources bien informées, le CIH avec un nombre limité de dossiers de crédits traités quotidiennement par agence (pour un réseau de 120 agences), «allait s’offrir une Rolls Royce informatique pour des besoins correspondant à ceux d’une Dacia Logan en termes de production et de charge informatique». Cette décision de faire des économies tombe à point nommé pour la «banque de la famille» aussi bien au regard du contexte globalement difficile pour les banques marocaines que de sa situation propre peu enviable avec un coût des ressources toujours élevé, une perte des parts de marché crédit et un tarissement du gisement des récupérations sur provisions pour créances en souffrance. Une conjugaison de facteurs qui avait fait chuter de 41% le résultat net part du groupe à fin juin 2009 qui s’est établi à 248 MDH.
Joint au téléphone par La Vie éco, M. Rahhou, tout en confirmant l’information, explique que le choix de la solution retenue par ses prédécesseurs «n’est pas mauvais en soi, bien au contraire, mais, d’une part, le SI actuel du CIH reste adapté à sa taille et peut évoluer, et, d’autre part, la banque a des objectifs de développement à court et moyen terme qui courraient le risque d’être ralentis par la refonte d’un système d’information qui ne présente pas de caractère d’urgence».