Le charcutier Dindy rachète le fabricant des produits Calida et devient le challenger de Koutoubia

L’entreprise qui était en difficulté depuis son démarrage a été vendue au dirham symbolique.
Le repreneur, né d’un rapprochement entre les groupes Laabi et Chaouni, s’est lancé dans un processus d’intégration complète.

Banchereau Maroc, entreprise de charcuterie, née en 2006 d’un partenariat entre le groupe éponyme français et Lesieur Cristal, a été reprise par le holding Atlas Zalagh, fruit d’un rapprochement récent entre les deux groupes Laabi et Chaouni. Ce dernier est le propriétaire de Eldin, producteur de la marques Dindy, alors que le groupe Chaouni produit les charcuteries Mavi et Nzaha. La reprise de Banchereau est l’un des volets de la restructuration des deux groupes qui visent une forte intégration de leurs activités. Le nouveau holding compte aujourd’hui deux unités de fabrication d’aliments pour volaille et bétail, Agro Industrielle Al Atlas, à Casablanca, et Al Alf, à Fès, qui produisent désormais une marque commune «Alf Al Maghrib». Le groupe dispose également de deux entreprises, Couvenord et Atlas couvoirs, pour la production de poussins et dindonneaux. Pour ce qui est de la transformation, et après le rachat de Banchereau, le holding se trouve actuellement propriétaire de trois sites d’abattage de volaille et de charcuterie sous les marques Dindy, Mavi et Nzaha. Concernant la marque de Banchereau, «Calida», les nouveaux repreneurs n’ont toujours pas décidé si oui ou non ils la maintiendront sur le marché. Selon une source proche du dossier, l’activité de transformation d’Eldin, basée à Had Soualem, a été transférée à Nouaceur dans l’ancien site de Banchereau qui avait nécessité un investissement de 30 MDH et l’activité abattage se fera sur le site de Mavi, à Sidi Rahal.

Atlas Zalagh contrôle 25% du marché
Banchereau Maroc a été cédé au dirham symbolique dans la mesure où les repreneurs ont dû apurer le lourd passif de l’entreprise qui était, rappelons-le, en liquidation. En effet, la société s’était retrouvée en 2007, soit un an après son démarrage, en proie à des difficultés en raison de la concurrence du secteur informel et parce qu’elle avait concentré sa production sur la charcuterie haut de gamme alors que la demande est plutôt orientée vers les produits d’entrée de gamme.
Ce qui ne l’a pas empêché d’augmenter sa production de 18%, en 2007, afin de s’attaquer au créneau des produits élaborés et de réaliser, durant ce même exercice, un chiffre d’affaires de 20 MDH. Mais l’entreprise continuait à souffrir. Ses responsables avaient alors décidé de réduire le capital de 38,3 à 2,6 MDH afin d’éponger ses dettes.
Aujourd’hui, le secteur ne compte plus que quatre opérateurs structurés à savoir Sapak, Atzal, groupe Lâalej et Foodis (marque Nadra) qui se partagent un marché de 600 MDH. Atzal occupe désormais la première place pour l’abattage et les aliments de volaille. Sur le marché de la charcuterie, le nouveau groupe contrôle 25% du marché, contre environ 70% pour Sapak (Koutoubia). Les autres opérateurs se partagent les 5% restants.