Le changement climatique bien intégré au Plan Maroc Vert

Les mesures d’adaptation au changement climatique ont été adoptées par plus de 2 500 agriculteurs ciblés. Elles sont essentiellement liées au progrès génétique, aux techniques de collecte des eaux pluviales et aux bonnes pratiques agricoles.

L’heure était au bilan du Projet d’intégration du changement climatique dans la mise en œuvre du Plan Maroc Vert (PICCPMV). L’Agence pour le développement agricole (ADA) a, en effet, organisé, le 5 octobre à Rabat, en partenariat avec la Banque Mondiale et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’atelier de clôture du PICCPMV. L’objectif affiché était de faire le point sur les acquis et les résultats consolidés au terme du projet et de s’accorder sur les dispositions à prendre pour la poursuite du processus de développement de l’intégration des considérations liées au changement climatique dans les projets agricoles.

Près de 130 millions d’arbres fruitiers à planter d’ici à 2020

Le PICCPMV a été lancé en 2011 par l’ADA. Il a été financé par un don de 4,35 millions de dollars du FEM et son pilotage a été assuré par l’agence, à travers l’intégration des composantes et mesures d’adaptation au changement climatique dans dix projets Pilier II, lancés dans le cadre du Plan Maroc Vert. Ces projets ont été identifiés au niveau de cinq régions du Royaume à fort potentiel agricole, considérées par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) comme particulièrement vulnérables au changement climatique.

Les dix projets en question concernent l’extension et la valorisation de la production oléicole dans la région du Gharb ; l’intensification des céréales (blé tendre), la reconversion des céréales en olivier et l’intensification des céréales à Sidi Yahya Zaër dans la région de Rabat-Salé;  le développement de l’élevage bovin allaitant, l’intensification des cultures céréalières centrée sur le semis direct et la reconversion des céréales en olivier dans la région de Chaouia ; l’extension et l’intensification de la production oléicole et l’extension et la valorisation de la production du figuier à Doukkala et Abda ; et enfin, le développement de la filière des amandiers dans la région de Tadla et d’Azilal. Selon Mohammed El Guerrouj, DG de l’ADA, «l’une des préoccupations majeures du Plan Maroc Vert réside dans la gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles et l’intégration des considérations liées au changement climatique». Et de préciser que «le PMV vise, à l’horizon 2020, la plantation de près de 130 millions d’arbres fruitiers. Ces plantations joueront un rôle d’adaptation, à travers l’amélioration des revenus des agriculteurs et le renforcement de leur résilience au changement climatique».

Le PICCPMV consiste en l’adoption de mesures d’adaptation au changement climatique, issues des résultats de la recherche agronomique nationale. Les mesures en question sont essentiellement liées au progrès génétique, aux techniques de collecte des eaux pluviales et aux bonnes pratiques agricoles. Ces  mesures d’adaptation ont été adoptées par plus de 2 500 agriculteurs ciblés au niveau de leurs parcelles. C’est ainsi que 1 400 ha ont été semés avec des semences céréalières certifiées selon le mode de semis direct, 1 500 ha ont bénéficié d’irrigation d’appoint et de techniques de collecte des eaux pluviales et 660 ha de techniques agronomiques améliorées. Ces résultats, qualifiés de «probants», ont permis au PICCPMV de jouer le «rôle de catalyseur pour le développement de l’intégration des considérations liées à l’adaptation au changement climatique» dans le montage et la conception des projets Pilier II du PMV. Les résultats obtenus sont également le fruit d’une série de sessions de formation sur l’agriculture de conservation et les techniques d’adaptation au changement climatique, dont certaines ont eu lieu en Chine.