Le capital investissement, un moyen de financement à ne pas négliger

La majorité des opérations concerne le capital développement de PME. Le taux de rentabilité moyen s’établit à 13%. L’accompagnement ne se limite pas au volet financier mais s’étend aux aspects managériaux.

Le capital investissement est une activité assez récente au Maroc, puisqu’elle ne s’est développée qu’à partir des années 2000. Malgré cela, il s’impose de plus en plus comme moyen de financement alternatif au crédit bancaire. A fin 2016, les levées de fonds par les opérateurs du secteur ont atteint 305 MDH contre 490 MDH une année auparavant. Mais cela n’a pas empêché les investissements d’enregistrer une progression d’environ 13% pour atteindre 786 MDH. Le montant cumulé a, lui, pointé à 6,3 milliards de DH, investi dans 183 entreprises au total depuis le lancement de cette activité. Cette évolution cache néanmoins des disparités car la majorité, soit 80% des opérations, sont destinées au capital développement de PME déjà installées. Les montants investis dans les entreprises en démarrage (capital-risque et amorçage) représentent 7% alors qu’ils représentent 13% dans les structures en phase de transmission. Autre preuve de la bonne tenue de l’activité : la taille des fonds sous gestion qui ne cesse de grandir, notamment avec l’émergence des fonds transrégionaux qui ont représenté une part de 86% des fonds levés sur la période 2013-2016. Il est à préciser par ailleurs que cette classe d’actifs offre une rentabilité intéressante puisque le TRI brut moyen a atteint 13%, sur une durée moyenne de détention de 6 ans. L’un des éléments qui ont plaidé pour la performance du secteur, c’est bien la promulgation de la loi 18-14 relative aux Organismes de placement collectif en capital (OPCC) qui offre un cadre fiscal adéquat et un environnement d’investissement sécurisé.

En plus du fait qu’il soit une réponse à des besoins réels de financement vu la difficulté que rencontrent plusieurs entreprises pour accéder au crédit bancaire, le capital investissement représente aussi un levier d’amélioration de la PME à tous les niveaux. En effet, les chefs d’entreprises tirent profit de plusieurs apports du capital-investisseur, notamment en termes d’accompagnement dans le processus de gestion, d’élaboration de stratégies, de développement des ressources humaines, de refonte de la gouvernance… D’autant que l’intervention des fonds dans les entreprises crée une dynamique extrêmement bénéfique en matière de responsabilité sociale et environnementale, à travers la mise en œuvre de plans annuels de formation, de chartes d’éthique et de valeurs, de gestion prévisionnelle des emplois ou encore des actions environnementales et sociétales.

Par ailleurs, le capital-investissement peut jouer le rôle d’incubateur pour le marché boursier qui est considéré comme la voie royale lors du désinvestissement du fonds. Les exemples ne manquent pas à ce titre, puisque, depuis 2006, près du tiers des opérations de private equity se sont soldées à la sortie par une introduction en Bourse : Jet Contractors, S2M, Dari Couspate…

En tant qu’acteur du capital investissement au Maroc, quel profil de PME est ciblé par Investima ?

Investima, véhicule d’investissement de Société Générale Maroc, opère en tant que capital investisseur depuis 1973. Sa politique d’investissement offre une fourchette d’investissement allant de 10 MDH à 30 MDH par opération et vise les PME marocaines matures, affichant un potentiel de développement intéressant, une gestion saine et un chiffre d’affaires compris entre 50 et 300 MDH.

Comment Investima intervient-il pour soutenir la réussite des projets de développement des PME ?

Notre intervention permet d’apporter un coup d’accélérateur au développement des PME. Cette même intervention se fait souvent sous forme d’une augmentation de capital qui permet aux PME d’accroître leur capacité de production et force de vente, de développer de nouveaux produits et services, de financer de la croissance externe, etc. Investima intervient en tant qu’investisseur financier minoritaire, de manière à préserver la liberté d’action des dirigeants sur leur développement.

En matière de transmission d’entreprises, quel rôle peut-il jouer?

L’intervention d’Investima dans le cadre de problématiques de transmission du capital prend la forme d’acquisition de titres de participations détenus par un ou plusieurs actionnaires et s’adresse aux PME matures ayant atteint leur vitesse de croisière. Cette intervention vise principalement à permettre l’institutionnalisation du capital, la pérennité de l’entreprise, mais aussi la liquidité d’une partie du patrimoine et la facilitation d’une transmission totale en l’absence de relève.

Quels sont les voies de sortie du capital que vous privilégiez ?

A l’instar de tous les acteurs du capital investissement, Investima prévoit de rester au capital de ses participations pour une durée allant de 5 à 7 ans. La sortie du capital est un sujet qui est discuté en amont et en toute transparence et qui peut s’envisager selon différentes voies : introduction en bourse, cession à un investisseur industriel/stratégique, cession à un fonds d’investissement, rétrocession aux sponsors de l’entreprise.

Quels conseils donneriez-vous aux PME pour réussir l’ouverture de leur capital à un investisseur ?

Nous recommandons avant tout aux dirigeants de PME de : ­

• Se préparer préalablement, à travers la mise en place d’une organisation et d’un système d’information efficients, d’une comptabilité fiable et d’un bon contrôle de gestion ;

­• Se faire accompagner par des professionnels (banques d’affaires, cabinets d’expertise comptables, avocats…) ;

• Privilégier les rapports humains fluides avec les nouveaux partenaires, agir en toute transparence et organiser les rapports futurs dans le cadre d’un pacte d’actionnaire.