Le budget de promotion promis par l’Etat enfin débloqué

Au 7e rang en 2006, le Maroc est passé au 6e dans le classement des exportateurs sur le marché européen

L’Etat vient de débloquer, avec plusieurs mois de retard, 10 MDH dans le cadre d’«Emergence Textiles» pour financer la promotion des produits marocains à l’étranger.

La première tranche du budget promotionnel accordé dans le cadre du Plan Emergence textile habillement vient enfin d’être débloquée avec plusieurs mois de retard. Elle s’élève à 10 MDH, soit 50% du budget annuellement prévu pour le secteur textile. Mais mieux vaut tard que jamais, car ces ressources arrivent à point nommé. La nouvelle équipe qui dirige l’Association marocaine des industries textile-habillement (Amith) depuis juillet dernier, sous la présidence de Mohamed Tamer, a, en effet, amorcé un programme promotionnel très chargé qui nécessitera des ressources financières conséquentes. Les événements les plus importants auxquels prendront part les industriels de diverses filières textiles sont le salon de Dubaï (du 1er au 4 novembre) spécialisé dans le textile de maison, et le Fatex Inter Selection, en Espagne, qui «constitue une grande opportunité puisqu’un grand nombre d’entreprises marocaines vont participer, pour la première fois, au défilé des créateurs», annonce-t-on à l’Amith. Enfin, la profession organisera, du 29 novembre au 1er décembre, l’édition annuelle de Maroc Sourcing. En marge de cet événement se tiendra le Forum «business to business» auquel participeront de nombreux donneurs d’ordre américains.

Les exportations vers l’Europe ont progressé de 5,3% au 1er semestre
Par ailleurs, la corporation organise, en partenariat avec le Centre marocain de promotion des exportations (CMPE), plusieurs missions commerciales dans des pays européens constituant des marchés hautement stratégiques pour les exportations textiles marocaines. Il s’agit notamment de l’Espagne, du Portugal, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Grande-Bretagne. Ces missions devraient permettre un renforcement du positionnement du Maroc sur les marchés européens. Un positionnement que l’Amith qualifie de satisfaisant. Ce constat se trouve confirmé par les statistiques de l’institut européen spécialisé dans le textile. D’après les chiffres communiqués par ce dernier à la fin de juillet 2007, le Maroc est classé 6e exportateur de textile et habillement sur le marché européen, derrière la Chine (dont les exportations ont baissé de 28%), la Turquie, le Bengladesh, l’Inde et la Tunisie, gagnant ainsi une place par rapport à l’année précédente.

Les exportations marocaines, toujours selon ce même organisme, ont enregistré, durant le premier semestre 2007, une hausse de 5,3% sur le marché européen. Pour l’Amith, ces performances «confortent l’idée que le pourtour méditerranéen constitue bel et bien un sourcing alternatif pour l’Europe. C’est ce qui abouti à l’actuelle redistribution des exportations des pays concernés». Mais cela va-t-il changer en 2008 avec la levée des quotas imposés sur les produits chinois ?

En réponse a la question, le président de l’Amith, Mohamed Tamer, estime qu’il ne faut pas se faire d’illusion car il y aura certainement un impact, sauf qu’il ne sera pas aussi important qu’en 2005. Car, explique en substance le président de l’Amith, «les donneurs d’ordre ont pris conscience que le prix n’est pas le seul facteur déterminant et qu’il y a d’autres considérations à prendre en compte, notamment la réactivité et les cycles courts de production, permettant de faire face aux exigences du marché». Les entreprises marocaines sont aujourd’hui prêtes pour faire face au changement de conjoncture, notamment la fin des quotas. D’ailleurs, les derniers chiffres du secteur révèlent qu’à fin août les exportations se sont bien comportées même si les filières chaîne et trame ont stagné en raison de l’attentisme à la veille de 2008. Toutefois, une donnée doit être retenue : l’évolution de 14% au niveau de la filière bonneterie. Partant de cela, la profession table sur le maintien, en 2007, des exportations à leur niveau record de 2006, à savoir 30 milliards de DH.