Le blues des enseignes locales d’habillement

Un marché en berne depuis début août. Le recul varie de 5 à  15%, en fonction de la taille de l’enseigne. Le prêt-à -porter féminin est plus touché. Les mises en boutique de la collection hiver ont commencé tardivement.

Ralentissement de l’activité sur le marché local de l’habillement. Les enseignes nationales déplorent en effet une baisse des ventes qui s’est déclenchée à partir du mois d’août. Pour les professionnels, ce recul est dû au mois de Ramadan, période peu propice aux achats de vêtements. Mais après un léger frémissement enregistré au niveau de la filière enfant durant la rentrée scolaire, les ventes ont rechuté et la reprise n’est toujours pas au rendez-vous.
Le prêt-à-porter masculin n’a été que légèrement touché. La régression a été par contre très prononcée pour le prêt-à-porter féminin. La baisse du chiffre d’affaires varie de 5 à 10% pour les enseignes disposant de plusieurs points de vente, alors que pour les petites enseignes, la baisse se situe plutôt entre 10 et 15%, indique un opérateur. N’ayant pas une grande visibilité, un patron d’une enseigne bien en vue sur la place pense que «s’il n’y a pas un redressement sur les deux prochains mois, il y aura beaucoup de casse dans le secteur. Et particulièrement au niveau de nos franchisés dont une grande partie ne pourra pas suivre».
Malgré cette atonie, les enseignes demeurent tout de même optimistes et procèdent depuis quelques jours à la mise en boutique des collections de l’hiver 2012, tardivement d’ailleurs, comme ce fut le cas en Europe, en raison d’un allongement du temps estival. Si les pluies qui commencent à tomber s’installent dans la durée et s’accompagnent du froid, il n’y a pas de doute que les ventes redémarreront.
Les collections sont dominées, outre les tons classiques du noir et gris, par des coloris chauds (rouille, bleu électrique, orange et jaune) et les couleurs chic notamment le beige Max Mara. Pour les modèles, on retrouve les jupes très courtes ainsi que les jupes longues plissées. Mais les industriels précisent que la jupe au-dessous du genou, à porter avec des bottes, reste un modèle incontournable. Les pantalons, vêtement préféré de la Marocaine, seront droits pour être portés avec des vestes mi longues. Au niveau des matières, les industriels ont, pour cet hiver, opté pour du naturel comme le lin, le coton et la laine.

Les Marocaines préfèrent le pantalon

Même si les collections ont accordé, durant les quatre dernières années, une place importante aux jupes, les ventes, selon les diverses enseignes, restent dominées par le pantalon.
Par ailleurs, les distributeurs signalent une demande des pantacourts, longs ou courts, provenant des clientes de diverses tranches d’âge. Préférant plutôt des vêtements amples et non plus prêts du corps, la femme de 35-40 ans manifeste de plus en plus d’intérêt pour les tuniques.
Côté prix, le marché n’a pas enregistré une variation importante.
Le prix du tailleur se situe entre 1 600 et 1 700 DH, la jupe est vendue à 500 DH en moyenne lorsqu’elle est courte. Pour avoir une jupe longue, il faut prévoir 300 DH de plus, soit 800 DH. Pour l’achat d’un pantalon, il faudra prévoir un budget de 450 à 700 DH. Son prix varie en fonction des matières utilisées. D’après une étude de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith), le budget moyen annuel par habitant consacré à l’achat de vêtement varie de 1 000 à 1 500 DH. Le marché intérieur est, rappelons-le, aussi important en valeur que les exportations. D’où l’intérêt pour l’association de le développer.