Le bénéfice de la BMCE augmente de 46%

Un résultat net de 410 MDH n La banque se conformera aux règles
de Bank Al Maghrib d’ici à juin 2004.

Très attendu par le marché, le résultat 2003 de la BMCE s’est chiffré à 410 MDH. La progression sur un an est plus qu’honorable puisque le bénéfice a augmenté de 46%. Cerise sur le gâteau, hormis les chiffres, ce qui conforte la banque sur sa bonne lancée est qu’elle se conformera totalement aux règles prudentielles de la banque centrale d’ici à juin prochain.
Mais la BMCE aurait pu faire mieux. Après son exploit du premier semestre 2003 où elle avait dégagé la meilleure performance de son secteur, le marché s’attendait à un résultat avoisinant les 480 MDH. En effet, à mi-chemin de l’exercice 2003, les créances sur la clientèle s’étaient appréciées de 12% alors que les analystes prévoyaient un timide taux de 3% pour l’année entière et les charges semblaient bien maîtrisées. Et c’est auréolée d’un résultat net à fin juin de 244,6 MDH en hausse de 28% par année glissante, que la deuxième banque privée du Royaume avait, début décembre, placé la barre très haut en tablant sur un bénéfice annuel de 550 MDH (quasiment le double de celui de l’année 2003), sans toutefois prendre le risque de l’annoncer officiellement au marché. Par la suite, elle était revenue à des ambitions plus raisonnables – dans l’intervalle, moult consultations avec Bank-Al-Maghrib sur les dotations aux provisions avaient eu lieu -, en visant les 500 MDH. Finalement, elle s’en tiendra à un résultat de 410 MDH seulement.
40 MDH perdus dans l’affaire Parmalat
En fait, plusieurs facteurs ont concouru à cette baisse. D’abord, le dernier trimestre ne fut pas aussi bon, enterrant ainsi pour la banque l’opportunité de dépasser le nouveau champion national, la BCM, avant qu’il ne prenne le large en 2004 avec une publication de comptes fusionnés (avec Wafabank). C’est ainsi que le Conseil d’administration de BMCE-Bank, qui s’est tenu dans la matinée du mercredi 24 mars, a validé un effort de provisionnement plus important que prévu avec une dotation de 700 MDH. Au sein de ce chapitre, on trouve notamment les déboires de sa succursale parisienne qui a fait les frais de son exposition de près de 40 MDH sur la multinationale Parmalat en banqueroute. Ensuite il y a lieu de relever la contre-performance de la marge sur commissions qui avait constitué, en 2001 et 2002, une source remarquable de croissance pour le produit net bancaire. Enfin, les charges générales d’exploitation, qui ont longtemps constitué le talon d’Achille de la BMCE puisqu’elle a longtemps affiché le coefficient d’exploitation le plus élevé des banques privées, ont repris de plus belle, après leur recul éphémère de juin dernier.
Reste que la performance est à saluer. Après les années ternes, l’embellie, estime-t-on, est enfin au rendez-vous