Le 2e TGV en Afrique circulera au Maroc

Il permettra de ramener la distance Tanger-Casablanca à  2h10 au lieu de 4h 45 actuellement. Plus de 6 millions de passagers seront transportés dès la première année de mise en service en 2015. L’investissement est de 20 milliards de DH, dont 6 milliards de fonds publics. Casablanca-Agadir et Casablanca-Oujda suivront.

Quatre ans après la signature de l’accord entre le Maroc et la France, le Roi Mohammed VI et le président français, Nicolas Sarkozy, ont donné, jeudi 29 juin à la mi-journée, à Tanger, le coup d’envoi des travaux de la ligne du TGV devant relier la ville du détroit à Casablanca. Ce chantier s’inscrit dans un projet marocain ambitieux élaboré en 2005 par l’Office national des chemins de fer (ONCF) et visant à doter le Royaume de 1 500 km de lignes ferroviaires à grande vitesse en moins de deux décennies. Un projet qui s’articule autour de deux axes que sont Casablanca-Oujda (ligne maghrébine de 600 km) et Tanger-Agadir (ligne atlantique de 900 km).
La ligne Tanger-Casablanca, la première qui sera mise en service, a d’abord pour objectif immédiat de relier les deux pôles économiques constitués par les deux hubs maritimes marocains, le port de Casablanca et celui de Tanger Med et leurs zones d’activités sous-jacentes. Il s’agit du 2e TGV en Afrique, après celui, inauguré par l’Afrique du Sud le 2 août dernier, et le premier dans le monde arabe.

Une bonne partie du financement déjà acquise

Avec plus de 6 millions de voyageurs attendus dès la première année de sa mise en service fin 2015, le TGV permettra de ramener le temps de parcours entre les deux villes à 2 heures 10 au lieu de 4h 45. Pour sa part, Rabat ne sera plus qu’à 1h 20 de Tanger au lieu de 3 h 45 actuellement. Pour l’office, cette ligne permettra de libérer la ligne classique du trafic passager pour y faire transiter le fret en provenance de Tanger Med vers la capitale économique. En un mot, il s’agit d’un projet structurant dont les retombées économiques sont évidentes.
D’un coût total de 20 milliards de DH, cette ligne de 354 km sera réalisée grâce à des financements publics et privés, nationaux et étrangers. Une bonne partie des ressources est déjà sécurisée. L’Etat, à travers le Budget, contribuera à hauteur de 4,8 milliards de DH et le Fonds Hassan II pour le développement économique et social apportera un milliard de DH, le tout en vertu du contrat programme pour la période 2010-2015 signé par l’ONCF.
Du côté étranger, le gouvernement français a accordé un don de 75 millions d’euros (825 MDH), en plus des 220 millions d’euros (2,4 milliards de DH) devant être consentis par l’Agence française de développement (AFD) sous forme de prêt concessionnel à long terme.
Les bailleurs de fonds arabes, partenaires traditionnels du Maroc, ne sont pas en reste. Le Fonds arabe pour le développement économique et social (Fades) devrait ainsi avancer 100 millions de dollars (800 MDH). Quant au Fonds koweitien pour le développement économique, il a signé, en décembre 2010, une convention de financement d’un montant de 712 MDH. 
Toutes ces ressources seront consacrées aux études et à la réalisation de l’infrastructure (10 milliards de DH), à la mise en place des équipements ferroviaires (5,6 milliards de DH) et à l’acquisition du matériel roulant (4,4 milliards de DH).
La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) sera chargée de la conception, de la construction et de l’exploitation du matériel roulant ainsi que de l’entretien des voies. Le matériel roulant sera fourni par Alstom qui a d’ailleurs signé avec l’ONCF, en décembre dernier, un contrat de 400 millions d’euros (4,4 milliards de DH) portant sur la livraison de 14 rames à deux niveaux. Chaque rame comprendra 8 voitures, dont deux voitures de première classe, une voiture restauration et cinq voitures de seconde classe. Important à noter, ces rames seront assemblées au Maroc et les trains pourront transporter chacun au moins 533 passagers.
L’ONCF se félicite de cette coopération française et souligne que pour une première expérience dans le domaine, il est nécessaire de se faire entourer de celui qui maîtrise le mieux la technologie. Toutefois, les Français ne seront pas seuls sur le chantier. Plus de la moitié des contrats seront soumis à des appels d’offres ouverts tant aux entreprises étrangères qu’aux entreprises marocaines qui peuvent, en particulier, se positionner pour le génie civil.