L’avenir prometteur des plantes aromatiques et médicinales

La production est encore limitée, mais l’évolution des exportations reflète un énorme potentiel. Des partenariats régions/universités sont établis pour valoriser la filière.

Avec plus de 4 200 espèces identifiées dont 800 endémiques, les plantes aromatiques et médicinales (PAM) figurent parmi les filières agricoles les plus prometteuses. Et si les recettes moyennes annuelles des ventes sont seulement de l’ordre de 5,3 MDH pour une quantité annuelle d’environ 33 000 tonnes, elles procurent des revenus alternatifs aux communautés locales, générant en moyenne quelque 500 000 journées de travail/an. La production est globalement assurée par les plantes spontanées (thym, romarin, caroubier ou encore l’armoise), alors que la part des cultivées (géranium, lavande, menthe, safran…) demeure très faible (2%).

L’Etat veut engager plus de moyens pour valoriser ces produits, et faire du Maroc l’un des leaders mondiaux de la production des PAM. Une ambition que partage le Centre national de recherche scientifique français, qui a impliqué son Institut de chimie des substances naturelles, d’autant que le Maroc est le premier fournisseur du marché français.

Le Nord, région pilote en matière de valorisation

Depuis l’année 2005, les exportations marocaines des PAM connaissent une augmentation importante. Ainsi, la valeur des exportations est passée de 67 MDH en 2002 à 233 MDH en 2014. La valeur des exportations des huiles essentielles quant à elle est passée de 62 MDH en 2005 à 139 MDH en 2014.

Actuellement, le Maroc est classé 12e exportateur mondial des PAM. Les principales destinations des exportations marocaines sont le marché de l’UE, mais l’ouverture sur d’autres destinations (Japon, Canada, Suisse, Espagne, Allemagne) a permis d’augmenter les volumes. La quasi-totalité de la production marocaine des plantes aromatiques et médicinales est exportée sur des marchés internationaux par le biais de négociants. Ces sociétés exportatrices assurent généralement le contrôle de qualité, le nettoyage, le tri du produit avant son emballage final.

Le Nord fait office de région pilote en matière de valorisation des PAM. En octobre dernier, le conseil de la Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a signé une convention de collaboration avec l’Université Abdelmalek Essaidi pour la création d’un centre de recherche scientifique dédié à la plantation et à la production des matières dérivées de ces plantes. Il s’agit d’huiles essentielles, de préparations aromatiques et aussi des poudres à base de feuilles séchées. Outre l’aspect scientifique, le partenariat Région-Université veut développer la filière en assurant aussi un encadrement technique et professionnel pour faciliter la mise sur le marché de ces produits.