L’autoroute Marrakech-Agadir lancée, elle sera prête à  fin 2009

Plusieurs sections entreront en service bien avant la fin définitive
des travaux.
D’ici 4 ans le Maroc disposera de
1 400 km d’autoroutes.

Nouvelle étape pour le projet autoroutier reliant Marrakech à Agadir. Un an et demi après la signature de la convention en vertu de laquelle le Fonds Hassan II apportait 1,5 milliard de DH au capital de la société des autoroutes du Maroc (ADM) pour lui permettre de faire face aux charges financières du projet, le chantier est entré dans sa phase concrète. Le Souverain a en effet procédé, mardi 3 janvier, au lancement des travaux de réalisation de ce tronçon qui constitue le dernier maillon de la liaison nord-sud définie par le schéma d’armature autoroutier national.
D’une longueur de 233 km, l’autoroute rejoindra celle reliant Settat à Marrakech. Elle contournera la ville ocre par l’ouest, passera par Chichaoua, Imintanout, Argana et Amskroud pour atteindre la ville d’Agadir. Sept points d’échange sont prévus au niveau des agglomérations traversées.

5 bailleurs de fonds en plus du Fonds Hassan II
Projet de grande envergure, le tronçon Marrakech-Agadir nécessitera la réalisation d’environ 61 millions de m3 de terrassement, dépassant ainsi les volumes de terrassement du barrage Mjaâra, considéré comme un ouvrage exceptionnel. Un véritable défi pour les entreprises dont le rendement devrait dépasser 1,25 million de m3 de terre remuée par mois !
Le coût global de cette opération est estimé à sept milliards de dirhams. Six bailleurs de fonds sont mobilisés pour le financement. En dehors de l’apport du fonds Hassan II, le complément, d’un montant global d’environ 5,45 milliards de DH, sera assuré par le Fonds arabe de développement économique et social (FADES), le fonds koweïtien de développement économique arabe (FKDEA), la Banque africaine de développement (BAD), la banque islamique de développement (BID) et le fonds japonais (JBIC).

Si, pour le tracé, on peut déjà remarquer que l’autoroute suivra pratiquement celui de la nationale 8, on s’interroge toutefois quant aux sections les plus difficiles, notamment entre Chichaoua et Amskroud, en passant par Imintanout, qui devra, comme pour la Nationale 8, traverser la chaîne de l’Anti-Atlas. A l’opposé, le tronçon Marrakech-Chichaoua sera
le plus facile à réaliser. D’ailleurs, le niveau de difficulté de la réalisation ressort facilement au niveau des projections financières. Notons enfin que plusieurs sections entreront en service bien avant la fin définitive des travaux, prévue pour 2009.

9 260 véhicules par jour en 2020 dont 50% de poids lourds
La question sous-jacente est inévitablement celle de la rentabilité financière. Il est connu, dans le cas des autoroutes, que les bailleurs de fonds ne s’engagent que pour un projet dont le taux de rentabilité est de 8% au moins. Les projections de trafic réalisées par ADM s’étendent jusqu’en 2020. Elles font ressortir un trafic moyen journalier annuel (TMJA) de 5 050 à 5 300 véhicules jusqu’en 2008, puis de 7 000 à 7 460 à l’horizon 2015 et, enfin, de 8 850 à 9 260 à partir de l’année 2020. Dans ces projections, le pourcentage des poids lourds tourne autour de 50 %.

Ce qui est aussi important à rappeler, c’est que le tronçon Marrakech-Agadir aura l’avantage d’être adossé à un réseau autoroutier déjà opérationnel dans les autres régions, permettant ainsi à ADM de mettre en place des mécanismes de péréquation. Mais, bien au-delà de la rentabilité financière, certes importante, l’autoroute Marrakech-Agadir est une aubaine grâce aux nombreux effets d’entraînement qu’elle engendrera, notamment pour la région de Souss Massa-Drâa

Un plan de développement pour le Souss Massa-Drâa

Le31 mai 2004, soit un jour avant la signature de la convention de réalisation de l’autoroute Marrakech-Agadir, les responsables de la région de Souss Massa-Drâa avaient décliné un plan d’action pour le développement de la région, faisant ainsi suite aux recommandations du cabinet McKinsey engagé pour la réalisation d’une étude stratégique pour le compte de la région.
L’étude a passé au crible tous les leviers de croissance pour les prochaines années, mais aussi les faiblesses, avant d’établir une stratégie pour toute la région. L’approche adoptée ne manque pas d’originalité dans la mesure où le diagnostic est réalisé à la fois par secteur (30 secteurs ont été identifiés), par zone géographique (la région a été découpée en 10 zones), et par domaine d’action (30 domaines d’action ont été retenus). Résultat : un listing de 70 dossiers pour une mise à niveau totale de la région. Une dizaine de dossiers ont été définis comme prioritaires.
Il s’agit de la gestion des ressources hydriques, de l’agriculture extensive, du désenclavement aérien de la région, de la valorisation de la pêche, d’une politique fiscale et budgétaire efficace, de la création d’une plate-forme agro-technologique et de micro-entreprises autour du secteur du tourisme et, enfin, du dossier de l’autoroute Marrakech-Agadir.
Le démarrage des travaux de l’autoroute dans les délais prévus initialement vient donc à point nommé pour accompagner l’élan de développement de la région