L’automobile ressent les premiers effets de la rigueur de l’Etat

La rationalisation a particulièrement touché le segment des voitures de tourisme. Les commandes se maintiennent sur le segment des véhicules utilitaires légers qui représentent en valeur les deux tiers du parc de l’Etat.

Annoncée en grande pompe fin 2012, la rationalisation des achats de véhicules par l’Etat est bel et bien effective. C’est du moins ce que confirment plusieurs concessionnaires. Certes, nul n’ose rapporter la baisse des ventes que connaît le marché automobile à cette décision. Mais force est de souligner que son impact est bien réel. Et pour cause, l’Etat était jusque-là considéré comme un des clients les plus importants du marché et les concessionnaires se précipitaient pour répondre à ses appels d’offres. «L’Etat a réduit sensiblement cette année son recours aux achats de véhicules, particulièrement les voitures de tourisme, et il devrait maintenir ce cap sur les prochains exercices», confirme Gerald Porcario, directeur Marketing de Renault Maroc. Si ce dernier reconnaît la nécessité de pareilles mesures dans un contexte économique difficile, il ne manque pas de regretter l’impact que cela peut avoir sur le marché automobile. «Certes, pour notre marque Dacia, nous affichons toujours de bonnes performances commerciales (ndlr : +22% à fin octobre dernier). Cependant, si les achats de l’Etat étaient restés au même niveau qu’auparavant, nos performances auraient logiquement été meilleures», ajoute-t-il. En fait, il est difficile pour tout concessionnaire positionné par le passé sur ce marché d’en quantifier l’impact. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que selon les tendances observées sur les dix premiers mois de l’année, ce sont principalement les marques qui se positionnaient sur les seuls appels d’offres relatifs aux voitures de tourisme qui ont été les plus touchées. Car en parallèle à sa politique «agressive» de rationalisation, l’Etat a maintenu ses achats sur le segment VUL (véhicule utilitaire léger). Du moins, sur les secteurs dits prioritaires comme la santé (les ambulances) ou le pénitencier par exemple.
Les seules données officielles disponibles sur le parc de véhicules de l’Etat font ressortir que ce segment est le plus important : en valeur, il représente les deux tiers du parc.

Les concessionnaires s’en remettent à la location longue durée

Ainsi, sur un total de 3,1 milliards de DH comptabilisés, 2 milliards de DH concernent les véhicules utilitaires. Mieux encore, au vu des besoins grandissants dans des secteurs comme la santé où le taux d’équipement en ambulances et autres est relativement faible, notamment hors des grandes villes, l’Etat pourrait maintenir son rythme d’acquisition dans ce segment pour quelques années encore. C’est en tout cas ce que l’on espère auprès des professionnels de l’automobile.

Hormis l’achat de VUL, l’Etat s’oriente de plus en plus vers les grands loueurs de véhicules. Ceci permet au marché de l’automobile de limiter l’impact de la baisse des commandes publiques de véhicules de tourisme vu que les loueurs restent une clientèle tout aussi importante pour les concessionnaires.

C’est d’ailleurs l’une des raisons avancées pour expliquer le manque d’intérêt des grands opérateurs du marché automobile, dont plusieurs disposent déjà de filiales spécialisées dans le financement et/ou dans la location longue durée, pour une diversification dans ce segment. «Cela ne serait pas logique d’entrer en concurrence avec de grands clients qui plus est disposent déjà d’une expérience dans ce métier», explique-t-on auprès d’un concessionnaire de la place.

En fait, les concessionnaires doivent se contenter de la dynamisation de l’activité des loueurs de voitures (ou des sociétés de LLD) qu’induit un recours plus important de l’Etat à leurs services.