L’appui public au financement et le crédit bancaire peu accessibles aux PME

70% des PME confirment avoir besoin d’appuis publics au financement, mais seules 4,5% y ont accès sans aucun frein

Les PME ont du mal à accéder aux financements public et privé. Ce constat, connu de tous depuis quelques années déjà, vient d’être confirmé par une enquête réalisée par le Groupe Cesa/Igic pour le compte du Forum de la PME et de ses partenaires qui aura lieu du 2 au 4 décembre à Casablanca. L’échantillon est composé de 350 PME réalisant un chiffre d’affaires annuel entre 6 et 100 MDH et employant entre 11 et 250 personnes.

D’après les conclusions de l’enquête, si plus de 70% des PME interrogées (en majorité des SARL) confirment avoir besoin d’appuis publics au financement, seules 5% d’entre elles estiment que les dispositifs en place sont tout à fait accessibles. 85,2% les trouvent moyennement voire pas du tout à leur portée, sachant que l’utilité de ces dispositifs publics est jugée décisive pour le développement des entreprises concernées. Ainsi, 37% d’entre elles les réclament pour financer leurs marchés, 27,4% pour réaliser des investissements en équipement matériel et 24,2% les convoitent pour se développer à l’international.

Cette inaccessibilité des appuis publics résulte de la complexité des démarches. En effet, plus de la moitié des PME atteste que les procédures sont complexes, que la constitution des dossiers demande trop de temps et qu’il y a trop d’allers-retours. Résultat, seuls 4,5% recourent aux appuis publics sans aucun frein. En face, 71,2% des questionnés n’ont jamais eu recours aux appuis publics.

Un fait plus interpellant encore : environ 20% des sondés ne sont pas du tout au courant de l’existence de ces programmes. A ce titre, les efforts consentis par les organismes offrant ce type d’appuis en publicité, notamment sur lnternet, ne semblent pas avoir l’impact escompté. Les évènements demeurent, par contre, la principale source d’information des dirigeants par rapport aux appuis publics (31,3% des réponses) suivis par le bouche-à-oreille (29%).

Les difficultés résident aussi dans l’accès au financement bancaire. En effet, plus de la moitié des PME trouve les exigences des banques de plus en plus draconiennes, que ce soit en matière de données financières, de garanties ou de coût des crédits.

75% des PME qui n’ont pas de crédit bancaire n’ont pas effectué d’investissements durant les trois dernières années

Cela dit, 56,5% des PME questionnées affirment avoir eu recours au crédit bancaire durant les trois dernières années pour divers usages. L’enquête révèle en substance que 46% ont demandé un leasing et 34% ont sollicité un crédit de trésorerie. Au passage, l’étude souligne un fait de taille : le durcissement des conditions d’octroi n’est pas le seul facteur qui explique la rareté des crédits distribués. En effet, environ 75% des PME qui n’ont pas de crédit bancaire n’ont pas effectué, à la base, d’investissements durant les trois dernières années. Ce qui corrobore les propos de plusieurs banquiers qui font part d’une faiblesse de la demande des crédits depuis 2012.

Néanmoins, ceux qui ont été servis le regrettent ! Plus de 85% des PME sont moyennement, voire pas du tout satisfaites du crédit bancaire. Toutefois, elles reconnaissent pour leur majorité une amélioration dans les services délivrés par les banques, que cela soit en termes de qualité de conseil qu’en termes de qualité des offres bancaires.

In fine, pour dépasser les blocages rencontrés, plus de 40% des entreprises intéressées par le financement bancaire sollicitent une simplification des dossiers de crédit et un allégement des garanties exigées. Tandis que le tiers des PME suggèrent une amélioration du service ou de la qualité des interlocuteurs et un raccourcissement des délais de réponse.